Par Prosper Buhuru
La Cour des comptes a rendu, ce mardi 14 juillet 2026, un arrêt provisoire dans une affaire portant sur la gestion de 840 millions de francs congolais au Maniema. Siégeant à travers sa Chambre des comptes déconcentrés de Bukavu, la juridiction financière a provisoirement déclaré le gouverneur Mussa Kabwankubi Moïse et l'ordonnateur délégué de la province, Kingalu Masimango Bienvenu, « comptables de fait ».
Selon la Cour, les deux responsables sont soupçonnés d'avoir procédé au retrait de 840 millions de francs congolais d'un compte public de l'État ouvert à la Banque centrale du Congo (BCC) à Kindu, avant le transfert de ces fonds vers un compte privé détenu à la Rawbank au nom d'Amisi Makutano Adolphe.
Dans son arrêt, la juridiction estime que ces opérations pourraient constituer des actes de gestion de fait et demande aux deux mis en cause de présenter, dans un délai d'un mois, un compte détaillé de l'utilisation des fonds ainsi que toutes les pièces justificatives des dépenses effectuées.
La Cour précise qu'elle ne rendra sa décision définitive qu'après examen des documents qui seront produits. En cas de non-respect du délai fixé, les intéressés s'exposent aux sanctions prévues par la loi.
En revanche, le ministre provincial des Finances, Ali Kiamasa Willy, a été mis hors de cause. La Cour a conclu qu'aucun élément ne démontrait son implication dans le retrait ou le transfert des fonds litigieux et a prononcé un non-lieu en sa faveur.
Cette affaire trouve son origine dans des faits remontant au 12 septembre 2025. Saisie à la suite d'une dénonciation d'un député provincial, la justice financière a examiné des opérations ayant conduit au décaissement des fonds publics contestés.
Le ministère public soutient que le gouverneur et l'ordonnateur délégué auraient agi en dehors du circuit légal de gestion des finances publiques, en autorisant le transfert de fonds publics vers un compte privé. Des faits susceptibles de relever de la gestion de fait telle que définie par la législation congolaise en matière de finances publiques.
L'arrêt provisoire a été notifié aux personnes concernées ainsi qu'aux autorités compétentes, notamment le ministère de l'Intérieur et l'Assemblée provinciale du Maniema. La suite de la procédure dépendra désormais des explications et justificatifs que produiront les deux responsables mis en cause.