Par Prehoub Urprus
Les journalistes déplacés vivant à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, ne sont pas restés silencieux, ce vendredi 03 mai 2024, à l'occasion de la journée mondiale de la liberté de la Presse.
Le président de la Synergie des journalistes déplacés a saisi cette occasion, pour vanter le courage, le héroïsme et la résilience dont font montre ces victimes de la guerre d'agression rwandaise en RDC, sous le label M23-AFC.
«Professionnellement, on a un défi de pouvoir, par exemple accéder aux sources d'information. Et là, ça nous donne un esprit de résilience. Je vous assure que les journalistes déplacés sont des héros. Ils ont dû quitter la zone sous des bruits des armes. Les uns ont fait des centaines de kilomètres pour être ici (Goma) et tout ça c'est au péril de leurs vies», a déclaré Justin Bizimana.
Par ailleurs, le porte-parole des journalistes déplacés est de plus en plus revenu sur les défis majeurs auxquels ils font face, particulièrement le problème d'adaptation dans leurs milieux de refuge.
«Certains se sont retrouvés dans des familles d'accueil, mais comme la guerre ne fait que trop durer, certains journalistes sont chassés de leurs familles d'accueil, sans même pouvoir revenir dans leurs zones, parce qu'ils ont dû diffuser des informations sur l'ennemi; car celui-ci n'était pas encore dans leur périmètre. Et d'un coup, ils ne savent plus quoi faire. D'autres sont devenus même des chefs de blocs dans des camps des déplacés», a-t-il ajouté.
Signalons que cela fait déjà deux ans que de nombreux journalistes des territoires de Rutshuru et Masisi ont fui leurs milieux naturels, suite aux menaces des rebelles du M23. Ces professionnels de médias ont été encadrés pendant presque dix mois par l'ONG la Benevolencja, en collaboration avec l'UNPC Nord-Kivu. Depuis lors, ils sont en train d'errer dans différentes rédactions des radios et télévisions de la ville volcanique