RDC-Rwanda : la société civile demande l'inclusion des leaders locaux dans les négociations du Processus de Luanda pour représenter les besoins des populations

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Placide Nzilamba, coordonnateur adjoint de la société civile du Congo [photo d'illustration]
Placide Nzilamba, coordonnateur adjoint de la société civile du Congo [photo d'illustration]

Par Gloire Balolage 

 

La RDC -République démocratique du Congo- et le Rwanda ont officialisé un document, en vue de la mise en œuvre d'un plan harmonisé, destiné à neutraliser les FDLR -Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda-. Ce document, intitulé «Concept d’Opérations» (CONOP), a été signé lors de la VIè réunion ministérielle sur le processus de paix dans l’Est de la RDC, qui s'est tenue à Luanda, en Angola, le mardi 26 novembre 2024.

Cependant, cette initiative suscite des doutes au sein de la société civile congolaise, qui perçoit ce nouvel accord comme une diversion, dans la mesure où de nombreux observateurs estiment que le Rwanda utilise les FDLR comme prétexte, pour justifier ses agressions constantes envers la RDC. Cette préoccupation soulève des questions sur l'authenticité de l'engagement de Kigali envers un véritable processus de paix, alors que la population congolaise continue de souffrir des conséquences des hostilités et des interventions étrangères.

Placide Nzilamba, coordonnateur adjoint de la société civile, alerte sur la nécessité cruciale d'inclure les représentants de la société civile dans les discussions et les négociations relatives à cette question complexe. Selon lui, pour que des solutions efficaces et pertinentes soient mises en place, il est impératif que la voix des citoyens qui vivent au cœur du conflit soit entendue, soulignant que la réorganisation de l'Armée est également essentielle pour lutter efficacement contre cette guerre.

"L'Armée rwandaise était ici à deux reprises, et elle n'a jamais quitté. Soit elle agit elle-même, soit elle agit par d'autres personnes interposées, pour sa cause. Et alors, on se demande, comment aborder à nouveau cette situation ? Finalement, c'est un prétexte, un alibi que l'on utilise depuis longtemps, alors que les Rwandais circulent partout, en arguant de la présence des FDLR au Congo. Cela représente une distraction, et il est nécessaire de s'organiser à l'intérieur du pays, de structurer nos Forces Armées, notre administration, notre système judiciaire, pour faire face à cette guerre; car, elle ne cessera pas aussi facilement", a-t-il indiqué.

Ce dernier ne s'arrête pas là et évoque la problématique plus vaste, entourant le groupe armé M23, qu'il qualifie de "machine criminelle" mise en place par le Rwanda, pour exterminer les Congolais. Il insiste sur le fait que le Gouvernement congolais, ainsi que le Président de la République et son cabinet, devraient faire de la restauration de la paix et de la sécurité leur priorité absolue, dénonçant ce qu'il perçoit comme un carrefour d'hypocrisie, où ceux qui profitent des richesses du Congo ne veulent pas voir la fin des hostilités dans l'Est du pays.

La réunion ministeielle entre Kinshasa et Kigali a également été marquée par la conclusion sur la nécessité d'accélérer les négociations sur d'autres aspects du projet d'accord, comme l'a présenté le médiateur angolais, Joao Lourenco, en août dernier. Cette démarche indique une reconnaissance des défis, qui persistent et une volonté d'aller de l'avant dans la recherche d'une solution durable.

Cette rencontre survient peu après l'établissement, à Goma, dans le Nord-Kivu, d'un Mécanisme de Vérification Ad Hoc Renforcé (MVA-R), qui a pour mission, de suivre, non seulement le cessez-le-feu conclu entre les deux États, mais aussi de surveiller les accusations mutuelles d'agressions et d'attaques.

Mercredi 27 novembre 2024 - 17:35