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Crise humanitaire dans le Sud-Kivu : plus de 1 000 appels téléphoniques facilités par le CICR pour reconnecter les familles séparées par les violences

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Le CICR et la Croix-Rouge du Burundi essaient d’apporter une réponse face à l’afflux des réfugiés [photo d'illustration]
Le CICR et la Croix-Rouge du Burundi essaient d’apporter une réponse face à l’afflux des réfugiés [photo d'illustration]

Par Gloire Balolage 

La dégradation de la situation sécuritaire dans la province du Sud-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, a provoqué des mouvements massifs de populations

Selon les chiffres communiqués par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et les estimations des Nations Unies, près de 500 000 personnes sont en déplacement au Sud-Kivu depuis le 2 décembre 2025, fuyant les combats armés qui touchent plusieurs territoires de la province.

Parmi ces populations en mouvement, plus de 60 000 personnes en provenance de la RDC se sont réfugiées au Burundi en l’espace de dix jours, à la suite de l’offensive dans le Sud-Kivu. Arrivés pour la plupart sans ressources, ces réfugiés font face à des conditions de vie extrêmement précaires, marquées par un manque criant d’eau potable, de nourriture, d’abris et d’infrastructures sanitaires.

Au Burundi, le CICR et la Croix-Rouge du Burundi (CRB) indiquent que des milliers de réfugiés dorment à même le sol, sans latrines ni accès régulier à l’eau. Entre le 9 et le 15 décembre, plus de 1 000 appels téléphoniques ont été facilités afin de permettre aux personnes séparées de rétablir le contact avec leurs familles restées en RDC ou dispersées dans la région. Durant la même période, 11 enfants non accompagnés ont pu être réunifiés avec leurs proches.

Les déplacements ne se limitent pas aux franchissements de frontières. À l’intérieur du Sud-Kivu, des milliers de familles ont fui vers des zones jugées moins exposées aux combats, notamment dans les territoires de Baraka et de Fizi. D’autres mouvements de populations ont également été observés vers Kalemie, dans la province du Tanganyika, accentuant la pression humanitaire dans ces zones d’accueil.

Face à l’ampleur de la crise, le CICR a renforcé son assistance humanitaire dans les zones touchées. Dans les structures hospitalières qu’il soutient, plus de 193 blessés par armes ont été pris en charge entre le 2 et le 16 décembre 2025, dont 110 à l’Hôpital Général de Référence d’Uvira, 63 à l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu et 20 à l’Hôpital Général de Référence de Fizi. En parallèle, l’organisation a fourni des repas quotidiens aux blessés hospitalisés et à leurs accompagnants, ainsi qu’un appui logistique pour la gestion des dépouilles mortelles

Au Rwanda également, les équipes de la Croix-Rouge rwandaise et du CICR ont facilité près de 400 appels téléphoniques d’urgence pour rétablir le contact entre les membres de familles séparées par les déplacements forcés. Ces chiffres illustrent l’ampleur des ruptures familiales provoquées par la crise actuelle au Sud-Kivu.

Alors que certaines familles commencent à regagner leurs habitations dans les zones où une relative accalmie est observée, le CICR souligne que des dizaines de milliers de personnes restent encore déplacées ou réfugiées, souvent sans perspective immédiate de retour. L’organisation humanitaire appelle à une mobilisation renforcée afin de répondre aux besoins urgents de ces populations affectées par l’un des plus importants mouvements de populations enregistrés récemment dans l’est de la RDC.

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Jeudi 18 décembre 2025 - 16:52