Par Patrick Kitoko
La situation humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo continue de se détériorer. Entre janvier et novembre 2025, plus de 113 attaques attribuées à de présumés éléments des ADF -Forces démocratiques alliées- ont été recensées dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Ces violences ont causé la mort de plus de 950 personnes, principalement des civils, selon les données humanitaires disponibles.
Loin d’être des incidents isolés, ces attaques s’inscrivent dans un cycle de violences récurrentes qui touche durablement les communautés locales. Les territoires affectés vivent sous la menace permanente d’exactions, malgré les opérations militaires menées pour protéger les populations.
Ce climat d’insécurité généralisée alimente la peur, fragilise la cohésion sociale et empêche toute reprise normale des activités économiques et sociales.
Les conséquences humanitaires sont lourdes. Les massacres de civils, la destruction d’infrastructures essentielles, écoles, centres de santé, routes ainsi que les déplacements massifs de population ont profondément désorganisé les services sociaux de base.
Dans les zones les plus touchées, l’accès aux soins de santé, à l’éducation et à l’eau potable reste extrêmement limité.
Selon les estimations, au moins 1,1 million de personnes ont aujourd’hui besoin d’une assistance humanitaire urgente dans les territoires affectés par la crise ADF. Femmes, enfants et personnes âgées figurent parmi les populations les plus vulnérables, exposées à l’insécurité alimentaire, aux maladies et à la perte de leurs moyens de subsistance.
Malgré un contexte sécuritaire particulièrement difficile, les partenaires humanitaires poursuivent leurs efforts pour apporter une aide vitale aux populations touchées.
Lorsque les conditions le permettent, des interventions sont mises en place pour répondre aux besoins les plus urgents, notamment en matière de santé, de nutrition et de protection. Toutefois, l’accès humanitaire reste fortement contraint par l’insécurité persistante, rendant la réponse insuffisante face à l’ampleur des besoins.
Alors que l’année 2025 touche à sa fin, la situation au Nord-Kivu et en Ituri rappelle l’urgence d’une action coordonnée et durable pour protéger les civils, renforcer l’accès humanitaire et s’attaquer aux causes profondes de cette crise qui continue de coûter la vie à des centaines de personnes.