Moba : Après la libération du journaliste Isidore Kashulwe, l’OLPA appelle les autorités à garantir la liberté de la presse

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Le journaliste Isidore Kashule œuvrant à Moba, dans la province de Tanganyika [photo d’illustration]
Le journaliste Isidore Kashule œuvrant à Moba, dans la province de Tanganyika [photo d’illustration]

Par Prosper Buhuru

L’Observatoire de la Liberté de la presse en Afrique (OLPA) a pris acte de la libération d’Isidore Kashulwe, journaliste basé à Moba, dans la province du Tanganyika, après quatorze jours de détention à la prison centrale de cette cité située à 335 kilomètres de Kalemie. Le journaliste a recouvré la liberté après le paiement d’une caution fixée à 625 000 francs congolais, soit environ 284 dollars américains.

Dans un communiqué rendu public, ce mercredi 28 janvier 2026, l’OLPA revient sur les circonstances de cette affaire qu’elle qualifie de préoccupante pour la liberté de la presse en République démocratique du Congo. Isidore Kashulwe avait été interpellé le 8 janvier 2026 par un officier supérieur des Forces armées de la RDC à Moba, avant d’être conduit au bureau de la Police nationale congolaise pour y être auditionné sur la diffusion d’une information jugée fausse par les autorités locales.

Après un passage au cachot de la police, le journaliste a été transféré, le 9 janvier, au parquet près le tribunal de paix de Moba. Il y a été inculpé pour « faux bruit », à la suite d’une plainte du Conseil territorial de sécurité, puis placé en détention à la prison centrale de Moba.

Les poursuites faisaient suite à la diffusion, le 1er janvier 2026, d’une information relative à un drame survenu dans la cité de Kirungu, où une résidente avait été atteinte par balle. Dans son reportage relayé par des médias locaux et sur les réseaux sociaux, le journaliste avait évoqué l’implication d’un militaire des FARDC. Les autorités lui ont reproché cette formulation, estimant qu’il s’agissait d’un acte commis par un militaire en état d’ébriété ; nuance jugée déterminante dans l’appréciation des faits.

Si l’OLPA se félicite de la libération d’Isidore Kashulwe, l’organisation condamne avec fermeté la procédure ayant conduit à son incarcération. Elle dénonce une démarche « cavalière » constitutive, selon elle, d’une atteinte grave à la liberté de la presse, pourtant garantie par la Constitution congolaise ainsi que par les instruments juridiques internationaux relatifs aux droits de l’homme.

À travers ce cas, l’Observatoire rappelle la nécessité pour les autorités judiciaires et sécuritaires de privilégier les voies légales appropriées et de respecter le travail journalistique, pilier essentiel de la démocratie et du droit à l’information.

Mercredi 28 janvier 2026 - 18:51