Crise sanitaire au Sud-kivu : Plus de 145 000 personnes privées de soins après le pillage massif de onze centres de santé à Uvira et Fizi

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La ville d'uvira au Sud-kivu [photo d'illustration]
La ville d'uvira au Sud-kivu [photo d'illustration]

Par la Rédaction

Une crise sanitaire majeure frappe actuellement les territoires d’Uvira et Fizi, dans la province du Sud-kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Plus de 145 000 personnes sont privées d’accès aux soins, suite au pillage systématique de onze structures sanitaires dans cette région, a révélé ce vendredi l’Association des Femmes pour la Promotion et le Développement Endogène (AFPDE).

Parmi les structures affectées figurent des centres clés tels que Katogota, Luberizi, Nazareno, Kiliba CBCA, Kigoma, Mutarule, Nyakabere, Iamba/Makobola, Kabimba, Munene, Abeka ainsi que le Centre hospitalier d’Abeka.

Ces établissements ont été dévastés par des vols massifs de médicaments, de matériel médical et même de parties de leurs infrastructures, a expliqué Emmanuel Mulondani, chargé de communication à l’AFPDE, de retour d’une mission d’évaluation sur le terrain. Le rapport rendu public ce jour souligne que la situation s’est aggravée dès le début décembre 2025, à la suite de la rupture des positions militaires à Katogota et Lubarika.

Ces affrontements ont provoqué des scènes de panique et des déplacements massifs des populations vers les rives de la Ruzizi et au Burundi voisin. Alors que les habitants fuyaient, certains centres de santé, déjà fragiles, ont été pillés, avec la destruction notamment de la chaîne de froid indispensable au stockage des médicaments, ainsi que le vol de matériel de chirurgie vital.

Le bilan matériel est alarmant : 32 lits, 161 matelas, 2 tables d’opération, 11 kits d’accouchement, 5 kits de pansement, 6 casseroles à pression, 7 tensiomètres, 16 stéthoscopes et 10 microscopes ont été emportés par les pillards. Cette liste n’est pas exhaustive et illustre la gravité des pertes subies par ces structures sanitaires.

La pénurie de médicaments est tout aussi préoccupante. Pharmacies de gros et de détail ont été vidées, y compris des stocks essentiels tels que les antirétroviraux (ARV), les traitements pour la santé sexuelle et reproductive (SSR), ainsi que les kits de dignité destinés aux femmes et filles vulnérables.

À cela s’ajoutent la destruction et le vol d’infrastructures : 98 portes et fenêtres arrachées, 27 kits de panneaux solaires volés, 11 lits supplémentaires, 17 armoires, 65 tôles, 81 tables-bureaux, 10 tanks, 58 chaises plastiques, 72 chaises en bois ainsi que des bancs ont disparu ou ont été endommagés.

Face à cette catastrophe sanitaire, l’AFPDE lance plusieurs recommandations urgentes. L’association appelle à un réapprovisionnement immédiat des médicaments et matériels, un plaidoyer pour la sécurisation des centres de santé, ainsi qu’un appui psychosocial aux populations affectées. Elle exhorte également l’État congolais et ses partenaires humanitaires à garantir un accès sécurisé aux soins, fournir des kits d’urgence et engager sans délai la réhabilitation des infrastructures médicales.

Cette situation alarmante souligne la fragilité du système de santé dans l’Est de la RDC, déjà confronté à de nombreuses difficultés, et la nécessité d’une réponse coordonnée et rapide pour éviter une catastrophe humanitaire majeure.

Vendredi 30 janvier 2026 - 17:12