Par Prosper Buhuru
À peine réhabilité par la Cour Constitutionnelle, le Gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia, se retrouve de nouveau au centre d’une procédure judiciaire. La Cour de Cassation a officiellement saisi l’Assemblée provinciale afin d’obtenir l’autorisation de le poursuivre pour des faits de détournement présumé de fonds publics, ravivant ainsi un dossier que l’arrêt de réhabilitation n’a pas clos sur le fond.
La requête judiciaire a été portée à la connaissance du bureau de l’Assemblée provinciale lors de sa réunion tenue le samedi 3 janvier. L’organe délibérant s’est engagé à l’examiner conformément à son règlement intérieur. Cette démarche figurait parmi les principales décisions arrêtées à l’issue de la rencontre.
Selon le rapporteur de l’Assemblée provinciale, Paul Lokesa, le bureau n’a été informé de l’inscription de l’affaire au rôle qu’après l’arrêt rendu par la Cour Constitutionnelle en faveur du Gouverneur. Cette situation a suscité des réserves au sein de l’institution provinciale. Le rapporteur de l’organe délibérant a indiqué que la partie poursuivante semblait, quant à elle, avoir été régulièrement saisie de la procédure.
L’analyse du réquisitoire du procureur général près la Cour de Cassation a, par ailleurs, mis en évidence une erreur matérielle portant sur le nombre de députés ayant voté la déchéance du Gouverneur, mentionnant dix élus au lieu de dix-huit. Une inexactitude que le bureau de l’Assemblée juge sans incidence sur la substance des accusations portées contre Paulin Lendongolia.
Conformément aux procédures en vigueur, le bureau prévoit d’auditionner le procureur général ou son représentant, ainsi que le Gouverneur concerné, afin d’apprécier la matérialité des faits reprochés et de statuer sur l’opportunité d’autoriser l’ouverture d’une instruction judiciaire.
Cette évolution judiciaire intervient alors que Paulin Lendongolia a regagné Kisangani le dimanche 4 janvier 2026, après près de deux mois passés à Kinshasa. Réinstallé dans ses fonctions à la suite de l’arrêt de la Cour Constitutionnelle du 26 novembre, qui avait annulé sa destitution intervenue le 27 octobre, l’autorité provinciale a appelé, à son arrivée à l’aéroport de Bangoka, à l’unité des acteurs politiques autour du développement de la province.
Si la réhabilitation a permis sa reprise officielle des fonctions, la saisine de la Cour de Cassation rappelle que le contentieux judiciaire demeure ouvert, plaçant désormais la province de la Tshopo à l’intersection du politique et du judiciaire.