Par Patrick Kitoko
La lutte contre la criminalité urbaine franchit une nouvelle étape dans la capitale congolaise. Les audiences foraines de près de 500 présumés bandits urbains, communément appelés Kuluna, ont officiellement débuté, jeudi 08 janvier 2026, à Kinshasa, marquant un signal fort des autorités face à l’insécurité persistante.
Au total, 207 présumés Kuluna arrêtés en décembre dernier lors des opérations de bouclage menées dans le cadre de l’opération Ndobo ont comparu en procédure de flagrance devant les tribunaux militaires de Kinshasa-Matete et de Kinshasa-N’Djili.
Ces audiences se sont déroulées en présence du vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, ainsi que du ministre de la Justice, Guillaume Ngefa.
Pour cette première journée consacrée à l’instruction, 175 prévenus ont été entendus par le tribunal militaire de Kinshasa-Matete, tandis que 32 autres, dont un policier et un militaire, ont comparu devant le tribunal militaire de Kinshasa-N’Djili, dans le district de la Tshangu.
Les prévenus sont poursuivis pour des faits graves, notamment terrorisme, association de malfaiteurs, extorsion et vols à main armée. Plusieurs victimes étaient également présentes à l’audience, certaines ayant subi des coups et blessures lors des attaques attribuées à ces groupes criminels.
Présentés avec leurs pièces à conviction, parmi lesquelles des machettes et des pelles, les accusés sont soupçonnés d’avoir semé la terreur au sein de la population kinoise.
Les autorités entendent, à travers ces audiences publiques, renforcer le caractère pédagogique et dissuasif de l’action judiciaire contre le banditisme urbain.
Selon le ministère de l’Intérieur, ces 207 prévenus constituent le premier groupe des 424 Kuluna interpellés par la Police nationale congolaise durant les festivités de fin d’année. Ils avaient été officiellement présentés au Vice-Premier ministre Jacquemain Shabani Lukoo, le 1er janvier 2026.
Le Gouvernement congolais réaffirme ainsi sa détermination à restaurer l’ordre et la sécurité, particulièrement à Kinshasa, confrontée depuis plusieurs mois à une recrudescence des violences urbaines.