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Guerre dans l’Est de la RDC : Gisenyi, une ville rwandaise qui paye le prix de la cupidité de ses autorités

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La ville de Gisenyi, au Rwanda
La ville de Gisenyi, au Rwanda

Par Don Benjamin Makolo

Un an après le début des affrontements à Goma, les conséquences de la guerre continuent de peser lourdement sur Gisenyi, la ville rwandaise voisine. C’est ce que révèlent les constats de Lucie Mouillaud, envoyée spéciale de RFI, qui a recueilli sur place des témoignages montrant une population prise au piège des décisions politiques et des intérêts de pouvoir.

Le 26 janvier 2025, les combats éclataient à Goma entre les FARDC et leurs alliés face à l’AFC/M23 soutenu par le Rwanda. Quelques jours plus tard, la ville passait sous contrôle du groupe armé. Si l’intensité des combats a diminué, les effets humains et économiques restent bien visibles, y compris côté rwandais.

Christian, 28 ans, Congolais installé à Gisenyi, a vécu les affrontements à travers les appels de sa famille restée à Goma.

« Ils m’ont dit : “Ici, ça ne va pas, on ne peut pas quitter.” Il y avait une intensité qu’on n’avait pas vécue avant. »

À travers son témoignage, Lucie Mouillaud montre comment la peur traverse la frontière. Même à l’abri relatif, les familles vivent la guerre en temps réel, dans l’angoisse et l’impuissance.

Malgré les tensions politiques, les relations humaines entre Goma et Gisenyi tiennent bon. Éric, homme d’affaires congolais vivant au Rwanda, confie sa nostalgie de Goma où se trouvent ses terres et une partie de sa famille.

« Ça ne nous empêche pas de traverser, de se rencontrer et de se parler. »

L’extension des horaires d’ouverture de la frontière jusqu’à minuit facilite ces échanges, sans pour autant effacer l’incertitude sur l’avenir.

Le reportage de RFI met aussi en lumière une économie transfrontalière en difficulté. À Gisenyi, le commerçant Ndekezi Euphrem, qui vend des vitres pour fenêtres à destination de Goma, a vu son activité chuter d’environ 30 %.

« Sans paix, il n’y a pas de construction. Cette guerre a drastiquement réduit notre business. »

La situation est aggravée par la fermeture des banques à Goma, qui freine les transactions. Selon un responsable d’entrepôt interrogé par la journaliste, le manque de liquidités est devenu le principal obstacle pour les commerçants.

À travers ces témoignages, Lucie Mouillaud révèle une région suspendue à l’espoir d’un retour durable à la stabilité. Les habitants parlent moins de politique que de paix, de travail et de sécurité pour leurs familles.

Un an après la bataille de Goma, Gisenyi reste marquée par une guerre dont les civils continuent de payer le prix, pendant que les choix des autorités façonnent, loin du terrain, le destin de toute une région.

Lundi 26 janvier 2026 - 21:25