Par Prosper Buhuru
Le ministère des Mines a annoncé, ce mercredi 4 mars 2026, à Kinshasa, qu’un éboulement d’une extrême gravité s’est produit la veille, le 3 mars, sur les sites miniers artisanaux de Rubaya, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu.
Selon le communiqué officiel, le drame fait état d’un bilan provisoire de plus de 200 morts, parmi lesquels environ 70 enfants mineurs, ainsi que de nombreux blessés évacués vers des structures sanitaires de Goma.
Le glissement de terrain, provoqué par des pluies diluviennes exceptionnelles, a englouti plusieurs galeries d’exploitation artisanale. Les opérations de secours sont rendues particulièrement complexes en raison de l’instabilité du terrain et du contexte sécuritaire de cette zone actuellement hors du contrôle de l’État.
Le Gouvernement dénonce des conditions d’exploitation précaires imposées aux populations civiles dans ces zones. Il souligne que l’absence forcée du Service d’Assistance et d’Encadrement des Mines Artisanales et à Petite Échelle (SAEMAPE) ainsi que des services de régulation prive les exploitants artisanaux de tout encadrement sécuritaire.
Le ministère rappelle que le site de Rubaya avait été reclassé "zone rouge" par arrêté ministériel en février 2025, statut prorogé en novembre de la même année. Cette classification, conforme aux normes de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs et au guide de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique sur les chaînes d’approvisionnement responsables, interdit formellement toute extraction et commercialisation des minerais issus de cette zone à haut risque.
À travers ce statut, le Gouvernement avait signalé à la communauté internationale que les minerais provenant de Rubaya sont associés à des risques graves de violations des droits humains, de travail forcé et de présence de groupes armés.
Face à cette tragédie, le ministère des Mines indique assurer un suivi humanitaire à travers sa division délocalisée à Beni et s’engage à publier des mises à jour régulières au fur et à mesure de l’identification des victimes.
Le Gouvernement réaffirme, par ailleurs, l’urgence du rétablissement de l’autorité de l’État, afin de mettre fin à l’exploitation illégale et dangereuse des ressources minières nationales.
Dans ces circonstances douloureuses, le ministère des Mines présente ses condoléances aux familles endeuillées et à l’ensemble de la Nation congolaise.