Par Gloire Balolage
La progression d'une épidémie ne se mesure pas uniquement au nombre de cas recensés. Elle se reflète également dans le niveau de vigilance de la population, la circulation de l'information et la confiance accordée aux mécanismes de riposte. Dans un contexte où les crises sanitaires mettent à rude épreuve les systèmes de santé et les communautés, la perception du risque constitue un indicateur important pour orienter les actions de prévention et renforcer les stratégies de sensibilisation.
Dans ce contexte, une majorité de Congolais demeure préoccupée par l'évolution de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo. C'est ce que révèle une enquête réalisée par Target entre le 16 et le 27 juin 2026 auprès de 1 540 personnes. Selon cette étude, 62 % des personnes interrogées déclarent craindre une propagation du virus dans leur province ou leur ville de résidence.
Menée dans le contexte de la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola en RDC, cette enquête avait pour objectif d'évaluer le niveau d'information de la population, sa perception du risque, son appréciation de la réponse des autorités, son adhésion à la vaccination ainsi que les difficultés rencontrées dans la riposte contre cette maladie.
Les résultats mettent également en évidence une forte exposition de la population aux informations relatives à Ebola. En effet, 80 % des personnes interrogées affirment avoir beaucoup entendu parler de la maladie, traduisant une large diffusion des messages d'information et de sensibilisation auprès des communautés.
L'étude souligne toutefois des différences notables selon les régions du pays. L'espace Kasaï affiche le niveau de préoccupation le plus élevé, avec 83 % des répondants craignant une propagation du virus. Il est suivi de la grande province orientale, où cette inquiétude concerne 71 % des personnes interrogées, puis du grand Kivu avec 69 %. Target explique cette situation notamment par les défis liés aux infrastructures sociales et sanitaires dans ces différentes zones.
À l'inverse, la perception du risque apparaît moins élevée à Kinshasa et dans le Kongo Central. Dans ces deux espaces, respectivement 56 % et 57 % des répondants disent craindre une propagation d'Ebola. L'enquête rappelle par ailleurs que cette flambée épidémique, officiellement déclarée le 14 mai 2026 par le ministère de la Santé, constitue la 17ᵉ épidémie d'Ebola enregistrée en République démocratique du Congo. Début juillet 2026, le bilan officiel dépassait déjà les 2 500 cas confirmés, avec un taux de létalité supérieur à 40 %, selon Target.
Au-delà des chiffres, cette enquête met en lumière l'importance de la perception de la population dans la gestion d'une crise sanitaire. Les écarts observés entre les différentes régions montrent que les préoccupations varient selon les réalités locales et les capacités des infrastructures disponibles. Ces résultats peuvent ainsi servir d'indicateurs pour adapter les stratégies de communication et de riposte afin de répondre plus efficacement aux attentes et aux besoins des communautés.