Par Gloire Balolage
En Ituri, la lutte contre les tracasseries routières demeure un défi majeur pour les autorités, alors que les usagers dénoncent depuis plusieurs années la multiplication des barrières illégales et des paiements imposés sur les principaux axes de circulation. Ces pratiques, régulièrement accusées de freiner les activités économiques et d'alourdir les charges des transporteurs, alimentent également le mécontentement des populations dans une province déjà confrontée à une situation sécuritaire difficile.
Dans ce contexte, le gouverneur militaire le Général-major Kasongo Mulumba Batoka Gaby a décidé de mettre fin à ces pratiques. Dans une note officielle publiée le 25 juillet 2026, il a instruit les autorités militaires, policières et administratives de démanteler toutes les barrières illégales érigées sur les principaux axes routiers de la province. Cette décision vise à supprimer les postes de contrôle non autorisés où des perceptions illégales sont régulièrement signalées.
Plusieurs routes sont concernées par ces pratiques, notamment les axes Bunia-Kasenyi, Nyakunde, Komanda, Mahagi et Aru. À ces différents points de contrôle, des militaires et des policiers imposent aux conducteurs de motos et de véhicules des paiements variant entre 500 et 1 000 francs congolais, parfois à des intervalles d'à peine cinq kilomètres. Une situation dénoncée depuis des années par les usagers de la route.
À Mahagi, cette réalité a récemment provoqué une vive réaction de la population. Des jeunes ont démantelé plusieurs barrières illégales avant d'être dispersés par la police. Dans la foulée, la société civile a organisé une journée « ville morte » afin de protester contre les rackets, entraînant la fermeture des commerces et une forte perturbation des activités de transport.
À la suite de cette mobilisation, le gouverneur militaire a ordonné la suppression des barrières illégales ainsi que l'ouverture d'enquêtes. Ces décisions ont permis la reprise des activités dans cette partie de la province. Vingt-quatre heures plus tard, la mesure a été étendue à l'ensemble de l'Ituri, avec pour mission confiée aux commandants militaires, aux administrateurs des territoires ainsi qu'au maire de Bunia d'en assurer l'application.
La circulaire précise également que toute personne qui s'opposerait à cette décision ou continuerait à ériger des barrières illégales s'expose à des poursuites devant la justice militaire. Les autorités entendent ainsi renforcer le respect des instructions et mettre un terme aux pratiques de perception illégale sur les routes provinciales.
Cette décision est accueillie favorablement par les organisations de la société civile et les usagers de la route, qui y voient un signal positif. Toutefois, ces acteurs restent prudents et attendent des résultats concrets sur le terrain. Ils rappellent que des mesures similaires avaient déjà été annoncées par les autorités militaires et les gouverneurs successifs, sans entraîner de changements significatifs dans la lutte contre les tracasseries routières.