Par Prosper Buhuru
Onze organisations de la société civile du Nord-Kivu tirent la sonnette d’alarme après les tragédies humaines répétées sur le site minier de Rubaya, en territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Dans une déclaration publiée, le 8 mars 2026, elles expriment leur profonde indignation et leur vive préoccupation après le dernier éboulement survenu, le samedi 7 mars, dans la mine de Gakombe.
Selon les informations disponibles, cet effondrement a détruit plusieurs habitations et enseveli de nombreux creuseurs artisanaux, parmi lesquels des femmes et des enfants. Il s’agit du troisième incident majeur en seulement 38 jours, après les glissements de terrain du 28 janvier et du 3 mars 2026, qui avaient respectivement causé la mort de plus de 400 et 300 personnes. Une catastrophe similaire en juin 2025 avait déjà fait plus de 700 victimes.
Ces drames mettent en lumière les conditions extrêmement précaires et dangereuses de l’exploitation artisanale des minerais dans la région. Les causes sont multiples : l’explosion démographique, le manque d’expertise des exploitants et l’absence de mesures de sécurité. Selon plusieurs sources, une grande partie des creuseurs sont des militaires rwandais et d’anciens combattants FDLR rapatriés par la MONUSCO, envoyés sur ces sites sans formation adéquate.
La déclaration dénonce également des pratiques proches de l’esclavage, où des ouvriers, majoritairement issus de l’ethnie Hutu, travaillent sous pression, sans salaire ni nourriture, et où des enfants sont privés d’école pour participer aux activités minières. À cela s’ajoute une extraction accélérée par des opérateurs économiques rwandais, qui ignorent les normes de sécurité et orientent les minerais principalement vers le Rwanda, privant les communautés locales des bénéfices de leurs ressources et alimentant les réseaux économiques parallèles servant à l’achat d’armes pour le M23-AFC.
Face à cette situation, les organisations de la société civile recommandent la fermeture immédiate du site, l’intervention urgente de la communauté internationale pour protéger les populations civiles, l’embargo sur les opérateurs locaux et internationaux qui achètent les minerais via le Rwanda, et l’ouverture d’enquêtes pour identifier et sanctionner les responsables de ces catastrophes. Elles appellent, enfin, à une action urgente, afin de permettre aux enfants de reprendre l’école et d’éviter que d’autres familles soient endeuillées par ces drames évitables.