Par Prosper Buhuru
Le Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement communautaire et Stabilisation (P-DDRCS), en collaboration avec le Groupe de travail technique conjoint Gouvernement–Nations Unies (GTT-C), a réuni, mardi 12 mai 2026, à Beni, plusieurs autorités politico-administratives et sécuritaires autour du recrutement et de l’utilisation d’enfants par les groupes armés.
Organisé à l’hôtel Okapi Palace avec l’appui de l’organisation BVES et de la section Protection de l’enfant de la MONUSCO, cet atelier de plaidoyer visait à renforcer l’engagement des autorités provinciales dans les mécanismes de prévention, de protection et de réinsertion des enfants affectés par les conflits armés.
Ont pris part aux travaux le vice-gouverneur du Nord-Kivu, le commissaire divisionnaire Louis-Second Karawa, représentant le gouverneur de province, le président de l’Assemblée provinciale, Robert Habinshuti Seninga, ainsi que les maires de Beni et Butembo, les administrateurs des territoires de Beni, Lubero et Walikale, des représentants des FARDC, de l’ANR et plusieurs partenaires techniques.
Dans son allocution, le coordonnateur provincial ad intérim du P-DDRCS/Nord-Kivu, Joseph Sukisa Ndayambaje, a insisté sur la nécessité d’une implication accrue des autorités provinciales dans la lutte contre le phénomène des enfants associés aux groupes armés.
Selon lui, le rôle du gouvernorat est essentiel pour améliorer la coordination des interventions et renforcer le message de tolérance zéro contre le recrutement de mineurs dans l’Est de la RDC.
Les participants ont suivi plusieurs exposés sur le cadre juridique de protection de l’enfant, les mécanismes internationaux de protection des mineurs en période de conflit et le plan d’action du GTT-C relatif au retrait des enfants des forces et groupes armés.
Au cours des échanges, les organisateurs ont rappelé qu’environ 20 000 enfants ont été retirés des groupes armés entre 2021 et 2025 dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri, du Tanganyika et dans certaines zones affectées par le phénomène Mobondo.
Clôturant les assises, le vice-gouverneur Louis-Second Karawa a souligné que la protection de l’enfance est une condition indispensable à la stabilisation durable du Nord-Kivu.
Cette initiative intervient alors que la RDC bénéficie d’un assouplissement partiel des restrictions américaines liées à la loi Child Soldiers Prevention Act (CSPA), après les avancées enregistrées dans la lutte contre le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats. Le 6 mars 2026, les États-Unis ont autorisé la reprise de certains programmes d’assistance militaire en faveur de la RDC, estimant que les autorités congolaises avaient engagé des efforts continus pour réduire ce phénomène.