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Gel des comptes de la Fondation Mapon : la CDJP Kindu exprime son inquiétude et alerte sur les conséquences sociales graves pour des populations !

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Université Mapon à Kindu. [Photo d'illustration]
Université Mapon à Kindu. [Photo d'illustration]

Par Gratis Makabi

La Commission Diocésaine Justice et Paix (CDJP) Kindu a exprimé sa profonde indignation et son inquiétude face à la décision de la justice congolaise, concernant gel de l'ensemble des comptes bancaires appartenant à la Fondation MAPON.

Dans un communiqué de presse, la CDJP Kindu a indiqué que le gel généralisé des comptes de la Fondation MAPON entraîne aujourd'hui des conséquences sociales incalculables et extrêmement graves pour des populations qui ne sont en rien impliquées dans les procédures judiciaires dirigées contre Augustin Matata Ponyo Mapon.

"En tant qu'organe de l'Eglise engagé dans la promotion de la justice sociale, de la bonne gouvernance et de la défense des droits humains, la CDJP/Kindu suit avec attention toute ituatic susceptible d'affecter les initiatives citoyennes, sociales et humanitaires au service des populations. Tout en réaffirmant son attachement indéfectible à l'État de droit, à l'indépendance de la justice et à la lutte contre l'impunité, la CDJP/Kindu rappelle que la Fondation Mapon est une personne morale de droit privé, dotée d'une personnalité juridique distincte de celle de Monsieur Augustin Matata Ponyo Mapon, peu importe le rôle que ce dernier joue dans ladite Fondation. En droit, une personne morale dispose d'une existence juridique propre. Les responsabilités pénales ou civiles d'une personne physique ne peuvent tre automatiquement confondues avec celles d'une institution. Toute mesure judiciaire doit respecter ce principe fondamental afin d'éviter que des institutions sociales et leurs bénéficiaires subissent les conséquences de procédures visant des individus", apprend-t-on.

La CDJP Kindu affrirme que dans la province du Maniema, les effets de cette décision sont déjà alarmants : au niveau du secteur de l'éducation, des enseignants restent impayés à seulement quelques mois de Ia fin de l'année scolaire, compromettant gravement la continuité de I'enseignement et mettant en péril le droit à l'éducation de nombreux élèves et étudiants; dans le secteur de la santé, le personnel hospitalier ne perçoit plus sa rémunération, ce qui entraine la démotivation et le dysfonctionnements dans les structures sanitaires, au détriment direct des malades et des populations les plus vulnérables.

Elle a profité de l'occasion pour rappeler que la Constitution de la République Démocratique du Congo garantit notamment le droit à l'éducation et le droit à la santé. Toute décision publique ou judiciaire qui compromet I'accès effectif des populations à ces droits fondamentaux mérite d'tre réexaminée avec la plus grande responsabilité et célérité.

"Et la Doctrine sociale de l'Église atteste que la justice n'est authentique que lorsqu'elle protège les plus faibles et sert le bien commun. Une justice qui prive les enfants de l'éducation, les malades de soins et les travailleurs de leurs salaires risque de perdre sa légitimité aux yeux du peuple. La CDJP/Kindu s'interroge dès lors avec gravité : les autorités qui ont pris cette décision, ont-elles réellement mesuré I'opportunité d'une telle procédure ainsi que ses conséquences humaines, sociales et morales? Peut-on rendre justice en sacrifiant I'éducation des enfants, la dignité des enseignants et la santé des malades? La CDJP/Kindu déplore en outre que des décisions de cette nature alimentent dans I'opinion publique le sentiment préoccupant d'une justice sélective ou instrumentalisée à des fins politiques. Une telle perception fragilise dangereusement la confiance des citoyens dans les Institutions de la République et menace la cohésion nationale ainsi que le vivre- ensemble au moment où le pays voudrait explorer la voie du dialogue politique! La CDJP/Kindu rappelle que les Organisations de la société civile jouent un rôle important dans I'accompagnement des communautés, particulièrement dans un contexte où nombreuses populations demeurent vulnéables et dépendent souvent de l'action sociale, éducative et humanitaire de ces structures", a-t-elle ajouté.

La CDJP Kindu encourage les autorités compétentes à veiller à ce que toute procédure administrative, judiciaire ou financière respecte les principes de transparence, d'équité et de l'État de droit, et invite toutes les parties concernées à privilégier le dialogue, la clarification et le respect des cadres légaux afin d'éviter toute situation pouvant compromettre les actions au bénéfice des populations. Elle appelle aussi au respect de I'espace civique, indispensable pour permettre aux organisations sociales et humanitaires d'accomplir leur mission au service du bien commun.

Fidèle à sa noble mission, la CDJP/Kindu appelle les autorités judiciaires à reconsidérer avec discernement les mesures prises afin de préserver les uvres sociales bénéficiant directement aux populations; exhorte le pouvoir public à veiller à ce que l'action de la justice ne produise pas des conséquences injustes pour des citoyens innocents; et rappelle que la justice véritable doit toujours être rendue dans le respect du bien commun et de la dignité humaine.

Elle appelle les autorités de la République à agir avec sagesse, responsabilité et sens élevé de l'intérêt général, afin que la justice demeure un instrument de protection du peuple et non une source supplémentaire de souffrance pour les populations déjà éprouvées.

Samedi 14 mars 2026 - 11:35