Par Prosper Buhuru
Une nouvelle vague de violences secoue l’est de la République démocratique du Congo. Début mars, des attaques attribuées aux terroristes ADF dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, ont contraint des milliers de civils à abandonner leurs villages, fuyant vers Bafwasende et, pour certains, jusqu’à Kisangani, dans la Tshopo voisine.
Les localités de Badengaido, Muchacha et leurs environs figurent parmi les zones les plus touchées. Sur place, les récits convergent : incursions armées, habitations incendiées, civils pris pour cibles. Ces violences répétées ont plongé les communautés dans un climat de peur généralisée, provoquant un déplacement massif de populations déjà fragilisées par des années d’insécurité.
Parmi les déplacés, un habitant ayant requis l’anonymat livre un témoignage bouleversant. Il évoque une nuit marquée par la panique et la confusion, lorsque les assaillants ont attaqué son village.
« Les tirs ont commencé à Badengaido. L’école a été incendiée, la maison du directeur aussi. Nous avons compris que la situation devenait incontrôlable. Nous avons fui précipitamment jusqu’à Bafwasende. Je suis ici avec ma femme et mes enfants … mais dans la fuite, j’ai perdu la trace de l’un d’eux. Depuis, nous cherchons, sans nouvelles. Aujourd’hui, nous sommes déplacés, et nous vivons dans des conditions très difficiles », confie-t-il à nos confrères de la RFI.
Comme lui, de nombreuses familles vivent dans l’incertitude, entre traumatisme et précarité. Les sites d’accueil improvisés peinent à répondre aux besoins essentiels, tandis que les déplacés dénoncent l’ampleur des exactions subies et appellent à une intervention plus efficace des autorités.
Cette nouvelle détérioration de la situation sécuritaire en Ituri relance les inquiétudes sur la capacité à protéger les populations civiles dans cette partie du pays, où les violences persistent malgré les dispositifs militaires en place.