Par Gloire Balolage
La question de la pollution de l’air liée aux activités minières refait surface en République démocratique du Congo, à la suite de la publication d’un rapport de l’Environmental Investigation Agency (EIA). Ce document, largement relayé par certains médias internationaux, met en cause les activités de Tenke Fungurume Mining (TFM) et leurs impacts potentiels sur la santé des populations locales.
Selon ce rapport, des allégations préoccupantes ont été formulées concernant les conséquences sanitaires pour les communautés riveraines. Parmi les symptômes évoqués figurent des troubles respiratoires, des saignements de nez et même des cas de vomissements de sang, qui seraient liés à une exposition prolongée à un air potentiellement contaminé par les activités minières.
L’organisation Resource Matters a salué cette réaction des autorités, la qualifiant de rapide et appropriée. Pour cette structure de la société civile, cette démarche témoigne d’une volonté de prendre en compte les préoccupations environnementales et sanitaires qui affectent les populations vivant à proximité des sites miniers.
Toutefois, Resource Matters insiste sur la nécessité d’aller au-delà de cette première étape. L’organisation appelle le gouvernement à faire toute la lumière sur les allégations portées, et, en cas de confirmation des faits, à établir clairement les responsabilités et à appliquer des sanctions conformes aux dispositions du Code minier et du Règlement minier en vigueur en RDC.
Par ailleurs, l’ONG recommande de garantir le respect strict des obligations environnementales par Tenke Fungurume Mining, notamment en ce qui concerne les activités de l’usine de traitement 30K. Elle plaide également pour une transparence totale autour des enquêtes en cours, estimant que la publication des résultats et des mesures prises est essentielle pour restaurer la confiance des communautés affectées.
Resource Matters appelle à des réformes structurelles plus larges. Elle encourage le renforcement des capacités des services techniques de l’État afin d’améliorer les mécanismes de contrôle, ainsi que la réalisation d’un audit environnemental global des sites miniers, en particulier dans des zones sensibles comme Kolwezi.
Face à ces révélations, le gouvernement congolais a réagi en se saisissant du dossier. Le 18 mars 2026, le ministre des Mines a convoqué l’entreprise Tenke Fungurume Mining afin qu’elle fournisse des explications techniques sur la gestion des impacts environnementaux de ses opérations. Dans la foulée, il a annoncé la mise en place d’une enquête conjointe destinée à établir de manière objective les faits.
L’organisation préconise également d’étendre ces efforts à l’ensemble du secteur minier, dans une perspective de prévention des risques et de protection durable des populations.