Goma : des journalistes formés au journalisme sensible aux conflits et à la sécurité numérique pour mieux faire face aux défis sécuritaires

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Les journalistes formés par l'ONG JPDDH à Goma [photo d'illustration]
Les journalistes formés par l'ONG JPDDH à Goma [photo d'illustration]

Par Gloire Balolage 

Une formation dédiée au renforcement des capacités des journalistes s’est tenue le 3 avril à Goma, à l’initiative de l’organisation Journalistes pour la promotion de la démocratie et des droits humains (JPDDH). Cette activité s’inscrit dans un contexte sécuritaire marqué par des défis importants pour les professionnels des médias, appelés à couvrir des situations sensibles liées aux conflits.

Madame Gabriela Munkwa, coordinatrice de l'ONG JPDDH, a expliqué que cette formation visait à outiller les journalistes sur les principes du journalisme sensible aux réalités du conflit. Elle a précisé qu’un accent particulier a été mis sur la sécurité numérique, devenue incontournable dans l’exercice du métier.

Selon elle, l’un des objectifs majeurs consistait à apprendre aux journalistes à travailler en toute sécurité dans un environnement à risque. Il s’agissait notamment de leur fournir des outils pour couvrir les questions liées aux conflits tout en se protégeant face aux menaces potentielles auxquelles ils peuvent être exposés sur le terrain.

Madame Gabriela Munkwa a également indiqué qu’à l’issue de cette formation, les participants doivent être capables de renforcer leur propre sécurité, mais aussi de sécuriser leur présence numérique, notamment sur les réseaux sociaux tels que Facebook, X, et d’autres plateformes. Elle a insisté sur la nécessité pour ces journalistes de partager les connaissances acquises au sein de leurs rédactions respectives.

Abordant la question de la sécurité numérique, la coordinatrice a souligné qu’elle n’est ni totalement facile ni totalement difficile. Elle a rappelé que le respect de la déontologie journalistique et de l’éthique professionnelle demeure fondamental, invitant chaque journaliste à s’interroger sur la conformité de ses actes aux lois et aux règles qui régissent la profession.

Ce projet, a-t-elle poursuivi, s’étendra sur une durée de deux ans et concernera les journalistes des provinces du Nord et du Sud-Kivu. Quatre villes sont ciblées, à savoir Beni, Uvira, Goma et Bukavu, en raison des enjeux sécuritaires qui y sont particulièrement pour les professionnels des médias.

La pertinence de cette initiative repose sur le contexte actuel, caractérisé par des défis sécuritaires majeurs pour les journalistes. L’objectif est de renforcer leur protection dans le cadre de la couverture des conflits, mais aussi des thématiques sensibles qui y sont liées.

Madame Gabriela Munkwa a, en outre, encouragé les journalistes à s’exprimer librement sur les difficultés rencontrées dans l’exercice de leur métier au quotidien. Elle a précisé que ce projet vise également à lutter contre les discours de haine et la désinformation, tout en renforçant la sécurité des professionnels des médias.

De son côté, le formateur Trésor Mpanda a indiqué que cette formation avait pour objectif principal de rappeler les notions fondamentales du journalisme sensible aux conflits. Il a insisté sur le rôle des journalistes en tant qu’acteurs de paix, appelés à ne pas alimenter les tensions, mais plutôt à contribuer à la recherche de solutions.

Il a également souligné l’importance d’adopter une approche responsable dans le traitement de l’information. Cela implique d’éviter la diffusion de contenus susceptibles de diviser les communautés ou de propager la haine, et de privilégier des informations favorisant la cohésion sociale et la résolution des conflits.

Sur le plan de la sécurité numérique, Trésor Mpanda a mis l’accent sur la responsabilité liée au partage d’informations en ligne. Il a rappelé la nécessité pour chaque journaliste de vérifier ses informations avant publication afin de limiter la propagation des fausses nouvelles et de la désinformation.

Enfin, le formateur s’est dit satisfait du déroulement des échanges, saluant la qualité d’un auditoire qu’il a qualifié d’informé et expérimenté. Il a souligné que cette formation a également constitué un cadre d’échanges interactifs et de partage d’expériences, permettant aux participants de questionner leurs pratiques et de renforcer leurs compétences professionnelles.

Au total, 20 journalistes ont pris part à cette session de formation. Parmi eux figuraient à la fois des gestionnaires de médias et des reporters, dans l’objectif de faciliter la diffusion des acquis au sein des différentes structures médiatiques.

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Samedi 4 avril 2026 - 08:50