Par Gloire Balolage
Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) appelle à une réorientation des politiques publiques de lutte contre la pauvreté en RDC. L’agence onusienne estime que les stratégies actuelles doivent être ajustées pour mieux tenir compte des réalités territoriales et renforcer leur efficacité.
Dans une note d’analyse intitulée « Géographie de la pauvreté en RDC : une piste pour une meilleure politique publique », publiée dimanche 7 juin, le PNUD met en évidence de fortes inégalités entre les provinces. Le document insiste sur la nécessité de mieux cibler les zones les plus vulnérables afin d’optimiser l’impact des investissements publics.
Selon les données présentées, la pauvreté reste largement répandue en RDC et touche près de sept habitants sur dix. L’enquête sur les conditions de vie des ménages réalisée en 2024 indique un taux de pauvreté de 67,9 %, tandis que le produit intérieur brut par habitant est estimé à environ 1 602 dollars américains en parité de pouvoir d’achat.
Le PNUD encourage les autorités congolaises et leurs partenaires techniques et financiers à adopter un ciblage géographique plus précis. L’organisation estime que cette méthode permettrait d’améliorer l’efficacité des ressources mobilisées et de contribuer davantage à l’objectif d’éradication de la pauvreté d’ici 2030.
L’analyse du PNUD identifie quatre provinces prioritaires nécessitant des interventions urgentes : le Kwilu, le Haut-Uele, le Tanganyika et le Kasaï-Central. Ce sont des zones où la pauvreté est particulièrement élevée et où le nombre de personnes affectées demeure important à l’échelle nationale.
Ces provinces se distinguent non seulement par l’intensité de la pauvreté, mais aussi par leur contribution significative au total de la population démunie du pays. Le PNUD souligne que les déséquilibres territoriaux exigent une approche différenciée dans la mise en œuvre des politiques de développement.
Par ailleurs, le rapport met en lumière le rôle stratégique de Kinshasa, du Nord-Kivu, de l’Ituri et du Haut-Katanga. En raison de leur poids démographique et économique, ces provinces doivent être intégrées en priorité dans la planification des budgets publics.