Par Gloire Balolage
Face à la pression grandissante exercée sur les ressources forestières, des communautés du territoire de Walikale, au Nord-Kivu, adoptent progressivement de nouvelles pratiques de cuisson plus respectueuses de l'environnement. Grâce au projet « Femmes en Action », 1 170 ménages viennent de recevoir des foyers culinaires améliorés destinés à réduire l'utilisation du bois de chauffe, tout en améliorant les conditions de vie des familles bénéficiaires.
Cette initiative est portée par The Jane Goodall Institute (JGI) RDC avec le soutien d'Affaires mondiales Canada. Elle s'inscrit dans une démarche visant à concilier la protection des forêts et le développement communautaire dans une région où la dépendance au bois-énergie constitue l'une des principales causes de dégradation des écosystèmes forestiers.
Selon Actualité cd, les bénéficiaires de cette intervention sont membres de 40 Associations villageoises d'épargne et de crédit (AVEC) installées dans les groupements de Wassa et d'Utunda. L'action couvre dix villages ciblés par le projet, notamment Boboro, Kilambo, Kasangano, Bilobilo, Mubi/Rusi, Ndjinga, Obyanda, Mabeka, Makana et Abatokolo, où les ménages sont désormais encouragés à abandonner progressivement les méthodes traditionnelles de cuisson.
Dans les zones rurales de Walikale, le foyer traditionnel à trois pierres reste encore largement utilisé par de nombreuses familles. Selon Gédéon Bakerethi, coordonnateur de terrain du projet, près de 70 % des ménages continuent d'y recourir. Si cette méthode demeure accessible et facile à mettre en place, elle présente toutefois plusieurs limites, notamment une consommation élevée de bois, une forte émission de fumée et des risques pour la sécurité des utilisateurs.
Les foyers améliorés distribués apportent une réponse à ces défis en permettant une utilisation plus efficace du combustible. Ils réduisent la quantité de bois nécessaire à la cuisson des aliments, accélèrent la préparation des repas et contribuent ainsi à limiter la pression exercée sur les forêts. Cette réduction de la consommation de bois participe également à la diminution des émissions de gaz à effet de serre liées à la combustion.
L'impact attendu dépasse toutefois la seule dimension environnementale. Dans les ménages bénéficiaires, ces équipements devraient contribuer à améliorer la qualité de l'air à l'intérieur des habitations grâce à une production réduite de fumée, un progrès particulièrement important pour les femmes et les enfants, souvent les plus exposés aux fumées de cuisson. Les familles pourront également économiser du temps et des ressources consacrés à la collecte ou à l'achat du bois de chauffe.
À travers le projet « Femmes en Action », The Jane Goodall Institute et ses partenaires entendent renforcer la résilience des communautés face aux effets du changement climatique. Financé par Affaires mondiales Canada et mis en œuvre avec la Fondation Paul Gérin-Lajoie, The Jane Goodall Institute Canada ainsi que plusieurs partenaires opérationnels au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, le programme vise notamment la restauration et la préservation de 4 000 hectares de biodiversité dans les zones tampons du Parc national de Kahuzi-Biega, du Parc national de la Maiko et de la Réserve naturelle d'Itombwe.
À Walikale, la distribution de ces foyers améliorés représente ainsi une étape importante vers une meilleure gestion des ressources naturelles et une amélioration durable des conditions de vie des populations rurales.