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Commission tripartite RDC-RCA-HCR : Kinshasa plaide pour une relance concertée du rapatriement des réfugiés

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Par Serge Mavungu

Les travaux de la Commission tripartite réunissant la République démocratique du Congo, la République centrafricaine et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ont été officiellement lancés mardi 9 juin 2026 à Kinshasa.  

Ces travaux, qui s’étendent jusqu’au jeudi 11 juin, ont pour principal objectif d’évaluer la situation des réfugiés centrafricains vivant en RDC et des réfugiés congolais accueillis en République centrafricaine, en vue de relancer les opérations de retour volontaire.

Dans son allocution d’ouverture, le chef de la délégation des experts du gouvernement congolais, Érick Mukandila, a salué la qualité des relations entre Kinshasa et Bangui, estimant que les liens historiques et culturels qui unissent les deux peuples constituent un socle favorable à une coopération renforcée sur les questions humanitaires.

Il a rappelé que les deux États et le HCR avaient signé en 2019 un accord tripartite sur le rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains, avant que cette dynamique ne soit consolidée par la Déclaration de Yaoundé de 2022, qui privilégie une approche régionale dans la recherche de solutions durables pour les personnes déplacées.

Selon lui, plus de 40 000 réfugiés centrafricains ont déjà regagné leur pays depuis la mise en œuvre de cet accord. Toutefois, plusieurs milliers demeurent encore sur le territoire congolais, principalement dans les provinces du Nord-Ubangi, du Sud-Ubangi et du Bas-Uélé.

Le responsable congolais a également relevé plusieurs difficultés qui ralentissent les opérations de retour, notamment les suspensions répétées des convois et la baisse des financements destinés aux activités de rapatriement. Face à cette situation, il a plaidé pour une évaluation approfondie permettant d’identifier des solutions susceptibles de garantir un retour volontaire dans des conditions de sécurité et de dignité.

Concernant les réfugiés congolais présents en République centrafricaine, il a souhaité que des campagnes de sensibilisation soient menées afin d’encourager ceux qui le désirent à rentrer dans leurs localités d’origine, là où les conditions sécuritaires le permettent.

Les échanges ont également permis de mettre en lumière les préoccupations exprimées par les autorités centrafricaines. La délégation de Bangui a expliqué que la suspension des opérations de rapatriement répondait à la nécessité de renforcer les capacités d’accueil, de réévaluer la situation des personnes déjà retournées, d’actualiser les bases de données et de mieux prendre en compte les défis sécuritaires et sanitaires avant toute reprise à grande échelle.

Pour relancer le processus, la République centrafricaine propose notamment des missions conjointes de vérification sur le terrain, une actualisation des statistiques, une cartographie précise des intentions de retour ainsi qu’un renforcement des infrastructures de base dans les zones de réinstallation avec l’appui des partenaires internationaux.

De son côté, le représentant du HCR a réaffirmé l’engagement de l’agence onusienne à accompagner les deux gouvernements dans la recherche de solutions durables. Il a salué l’hospitalité dont font preuve aussi bien la RDC envers les réfugiés centrafricains que la République centrafricaine à l’égard des réfugiés congolais, tout en rappelant que le retour volontaire demeure un droit fondamental qui doit s’effectuer dans le respect de la sécurité et de la dignité des personnes concernées.

Les participants espèrent que cette deuxième réunion de la Commission tripartite débouchera sur un plan d’action consensuel permettant de reprendre et d’intensifier progressivement les opérations de rapatriement au bénéfice des réfugiés des deux pays.

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Mardi 9 juin 2026 - 14:23