Par Denise Kyalwahi
Une étude universitaire réalisée à l’Open Learning University met en évidence les facteurs économiques qui favorisent les irrégularités dans la déclaration des marchandises au poste frontalier de Kasindi, principal point d’échanges commerciaux entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda. Cette recherche souligne les conséquences de ces pratiques sur les recettes publiques et propose plusieurs pistes pour améliorer la gouvernance douanière.
Le vendredi 24 juillet 2026, Kasereka Munyama Ghymy a soutenu avec succès son Travail de Fin de Cycle (TFC) à la Faculté des Sciences économiques et de gestion des affaires, option Administration des affaires. Son mémoire, intitulé « Analyse des facteurs économiques liés aux irrégularités dans la déclaration des marchandises à la frontière de Kasindi, territoire de Beni », s’intéresse aux mécanismes qui favorisent les pratiques de sous-déclaration des marchandises.
Au cours de sa présentation, le chercheur a démontré que plusieurs facteurs expliquent ces irrégularités. Il cite notamment la pression fiscale, la volonté de certains opérateurs économiques de réduire leurs coûts, les faiblesses des dispositifs de contrôle ainsi que le poids du secteur informel dans les échanges transfrontaliers. Selon lui, la combinaison de ces éléments favorise les pratiques frauduleuses et affaiblit l’efficacité du système douanier.
L’étude souligne également que ces irrégularités ont des répercussions importantes sur l’économie. Elles entraînent une diminution des recettes fiscales de l’État, limitant ainsi les ressources disponibles pour financer les services publics. Elles créent en outre une concurrence inéquitable entre les opérateurs économiques et freinent l’amélioration du climat des affaires dans le territoire de Beni, où le commerce transfrontalier constitue un moteur essentiel de l’activité économique.
Pour remédier à cette situation, Kasereka Munyama Ghymy préconise un renforcement des contrôles aux frontières, la modernisation des procédures de déclaration des marchandises, une sensibilisation accrue des opérateurs économiques au respect des obligations fiscales ainsi qu’une meilleure coordination entre les services intervenant dans la gestion des échanges commerciaux à Kasindi.
À l’issue de la soutenance, le jury a salué la pertinence du sujet, la qualité de l’analyse et l’intérêt des recommandations formulées. Les examinateurs estiment que cette recherche apporte une contribution utile à la réflexion sur le renforcement de la gouvernance douanière, la transparence des échanges commerciaux et l’amélioration de la mobilisation des recettes publiques. Au-delà de son intérêt académique, cette étude ouvre des perspectives pour une gestion plus efficace et plus transparente du commerce transfrontalier dans le territoire de Beni.