Par Prosper Buhuru
L'épidémie d'Ebola continue de gagner du terrain dans les camps de personnes déplacées de la province de l'Ituri, où les conditions de vie compliquent considérablement les efforts de riposte. Malgré les interventions sanitaires déployées depuis plusieurs mois, les autorités et les partenaires de santé font face à de nombreux obstacles pour contenir la maladie.
Dans ces sites, qui accueillent plus d'un million de personnes ayant fui les violences armées, la promiscuité, le manque d'eau potable et l'insuffisance des infrastructures d'hygiène favorisent la transmission du virus. Les équipes de santé rencontrent également des difficultés à identifier et à suivre les personnes ayant été en contact avec des cas confirmés.
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 80 % des nouveaux cas recensés dans l'est de la République démocratique du Congo concernent des personnes dont l'origine de la contamination n'a pas pu être retracée ; ce qui complique davantage les opérations de surveillance.
La riposte est aussi ralentie par plusieurs facteurs, notamment les mouvements constants des populations, les grèves de certains agents de santé, les attaques contre des structures de traitement ainsi que la méfiance d'une partie des habitants, qui refusent parfois les prélèvements ou les investigations sanitaires.
Le déficit en eau et en installations sanitaires constitue un autre défi majeur. Dans plusieurs camps, des milliers de personnes se partagent un nombre très limité de points d'eau et de latrines ; rendant difficile l'application des mesures d'hygiène recommandées pour prévenir Ebola.
Les responsables des camps alertent également sur une hausse inhabituelle des décès et appellent à un renforcement de l'assistance humanitaire. La réduction de certains financements internationaux a, selon les Nations unies, affecté les programmes d'assainissement et les dispositifs de prévention dans plusieurs sites de déplacés.
Malgré ce contexte préoccupant, les activités quotidiennes se poursuivent dans les camps, où les habitants tentent de maintenir une vie normale. Les autorités sanitaires et leurs partenaires rappellent toutefois que seule une amélioration des conditions de vie, combinée à une prise en charge rapide des malades et à une mobilisation des communautés, permettra de freiner durablement la propagation de l'épidémie.