Par Denise Kyalwahi
À peine 11,5 % des habitants de la commune rurale de Kanyabayonga, dans le territoire de Lubero (Nord-Kivu), ont accès à une source d’eau potable. Cette situation expose la majorité de la population aux maladies d’origine hydrique et freine le développement socio-économique des ménages, selon une recherche de diplôme d’études approfondies (DEA) soutenue à l’Université catholique du Graben (UCG).
Intitulée « Problématique de l’accès à l’eau potable dans les communautés rurales du sud de Lubero et développement durable », cette étude a été réalisée par Kambale Talima Jean-Marc dans les zones de santé de Kayna et d’Alimbongo.
Les résultats mettent en évidence une situation particulièrement préoccupante à Kanyabayonga, où seulement 11,5 % des quelque 80 000 habitants bénéficient d’un accès à l’eau potable. D’après le chercheur, cette faible couverture favorise la propagation des maladies liées à l’eau insalubre, obligeant les ménages à consacrer une part importante de leurs revenus aux soins de santé, ce qui accentue leur vulnérabilité économique.
L’étude souligne également que l’accès à l’eau potable constitue un facteur déterminant du développement durable dans les communautés rurales. En réduisant les maladies hydriques, les ménages peuvent affecter leurs ressources financières à d’autres besoins essentiels. De plus, la proximité des points d’eau permet de diminuer le temps consacré à la corvée d’eau, une tâche qui incombe souvent aux femmes et aux enfants.
Selon le chercheur, ce temps ainsi économisé peut être consacré à des activités génératrices de revenus, à l’amélioration de la production agricole ou encore à la scolarisation des enfants, qui sont fréquemment mobilisés pour la recherche de l’eau au détriment de leur éducation.
L’étude révèle par ailleurs que la zone de santé d’Alimbongo présente un meilleur niveau de desserte en eau potable que celle de Kayna. Cette différence s’expliquerait notamment par les caractéristiques géographiques et démographiques des deux zones, les villages de Kayna étant plus dispersés et davantage enclavés.
Au regard de ces conclusions, Kambale Talima Jean-Marc appelle les autorités congolaises à renforcer les investissements dans les infrastructures d’approvisionnement en eau potable, estimant qu’un meilleur accès à cette ressource essentielle constitue un levier majeur pour améliorer la santé publique, réduire la pauvreté et favoriser le développement des communautés rurales.