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Haut-Lomami : MSF alerte sur une pénurie de médicaments dans la zone de santé de Mulongo

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Par Gloire Balolage

La rupture des produits médicaux essentiels reste un défi majeur pour plusieurs zones de santé en République démocratique du Congo, particulièrement dans les territoires où l’éloignement géographique et les difficultés de transport compliquent l’acheminement des soins. Dans le Haut-Lomami, cette situation affecte aujourd’hui la zone de santé de Mulongo, où des milliers de personnes éprouvent des difficultés à accéder à des traitements et à des services de diagnostic indispensables.

Une évaluation conjointe réalisée en avril 2026 par Médecins Sans Frontières (MSF) et le ministère de la Santé met en évidence une situation préoccupante dans cette zone de santé qui couvre une population estimée à près de 428 000 habitants. Le rapport fait état de ruptures répétées de médicaments, de tests diagnostiques et de plusieurs autres intrants médicaux nécessaires au fonctionnement normal des structures sanitaires.

Selon les résultats de cette mission d’évaluation, plusieurs formations sanitaires de Mulongo disposent de stocks très faibles ou sont confrontées à des absences prolongées de produits essentiels. Les difficultés concernent notamment les médicaments utilisés dans la lutte contre le paludisme, les produits nécessaires aux services liés au VIH, les tests de dépistage ainsi que les traitements destinés aux personnes vivant avec le VIH, y compris les formulations adaptées aux enfants.

Au-delà des problèmes d’approvisionnement, l’évaluation souligne également les limites dans l’offre de certains services spécialisés. La zone de santé de Mulongo, composée de 26 aires de santé regroupant 48 structures sanitaires, ne dispose de services de prise en charge du VIH que dans trois établissements. Le dépistage de la tuberculose, quant à lui, n’est assuré que dans deux structures, réduisant les possibilités de diagnostic rapide pour les patients concernés.

Cette situation provoque des retards importants dans la prise en charge médicale. Dans certaines structures, l’indisponibilité des tests et des médicaments entraîne des délais de diagnostic pouvant aller de quelques jours à plusieurs semaines. Les traitements contre le paludisme peuvent manquer pendant plusieurs mois, tandis que certaines formations sanitaires enregistrent des interruptions d’approvisionnement en antirétroviraux pouvant atteindre dix mois.

Pour améliorer durablement l’accès aux soins à Mulongo, MSF appelle à une meilleure organisation du système d’approvisionnement sanitaire afin de garantir une disponibilité régulière des médicaments, des tests et des autres produits médicaux essentiels dans cette zone.

Les conséquences de ces difficultés touchent particulièrement les personnes les plus vulnérables. Les enfants souffrant de malnutrition restent privés d’une prise en charge adaptée depuis 2018, en raison de l’absence d’intrants et d’organisations dédiées dans ce domaine. Les femmes enceintes, les enfants et les personnes vivant avec des maladies chroniques figurent également parmi les populations exposées aux effets de ces perturbations sanitaires.

L’évaluation identifie plusieurs causes à l’origine de cette situation, notamment les contraintes liées au transport, l’état dégradé des routes, les longues distances entre les points d’approvisionnement et les inondations saisonnières. À ces difficultés s’ajoutent des problèmes de planification des besoins, de coordination dans la chaîne d’approvisionnement ainsi que des contraintes financières dans un contexte marqué par une baisse de certains financements extérieurs.

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Mardi 28 juillet 2026 - 09:05