Par Prosper Buhuru
Les Casques bleus jordaniens de la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) ont mené, ce jeudi 29 juillet 2026, une opération de sauvetage qui a permis d'évacuer vers Beni deux survivants du crash d'un avion-cargo privé survenu dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu. Le corps du copilote, décédé dans l'accident, a également été rapatrié.
L'appareil de la compagnie Tracep Congo Aviation, un LET L-410 immatriculé LN410, s'était écrasé le 24 juillet 2026 dans une zone forestière difficile d'accès. Les circonstances exactes de l'accident font toujours l'objet d'une enquête.
La mission a mobilisé sept membres de l'unité d'aviation jordanienne de la MONUSCO, dont des pilotes, des médecins, des officiers de sécurité et d'autres membres d'équipage.
Le lieutenant-colonel Yousef Dararjeh, qui a participé à l'opération, a expliqué que les secours ont dû faire face à plusieurs difficultés pour localiser les victimes.
« C'était une mission difficile qui a duré près de cinq heures. Les coordonnées reçues ne correspondaient pas au lieu exact du crash. Nous avons dû utiliser d'autres moyens de localisation. Les survivants se trouvaient à environ huit kilomètres de l'épave, en pleine forêt et à plus de 200 kilomètres de l'aéroport de Beni-Mavivi », a-t-il indiqué.
À leur arrivée, les Casques bleus ont découvert le corps du copilote ainsi que deux survivants nécessitant une prise en charge médicale urgente.
Selon des informations recueillies auprès de la compagnie aérienne et de la Régie des voies aériennes (RVA), l'avion avait décollé de l'aéroport de Beni-Mavivi le 24 juillet à 12 h 36 à destination de Kachungu, dans le territoire de Shabunda (Sud-Kivu). Il transportait trois personnes et environ deux tonnes de marchandises.
Peu après le décollage, le commandant de bord aurait signalé une panne moteur avant de tenter de rejoindre l'aérodrome de Walikale. Les communications radio ont ensuite été interrompues.
Des opérations de recherche ont été immédiatement lancées avec l'appui des FARDC et d'équipes déployées au sol.
Le 26 juillet, des survivants ont été localisés dans la zone de Buruko, à proximité du site du crash. Trois jours plus tard, une équipe de volontaires a atteint l'épave et confirmé la présence du corps du copilote.
Les recherches se sont déroulées dans une région enclavée, marquée par une forêt dense, un relief accidenté et l'absence d'infrastructures routières.
La famille du copilote a exprimé son soulagement après le rapatriement du corps.
« Nous remercions la MONUSCO. Grâce à cette intervention, nous allons enfin pouvoir faire notre deuil », a déclaré un proche.
Même reconnaissance du côté de Tracep Congo Aviation. Son directeur général, Olivier Upenji Chombe, a salué une intervention menée dans des conditions particulièrement difficiles.
« Sans l'appui de la MONUSCO, il aurait été extrêmement difficile de récupérer le corps dans cette zone forestière où il n'existe ni route ni sentier et où l'insécurité demeure présente », a-t-il affirmé.
Il a précisé qu'il avait fallu 48 heures de marche pour transporter le corps sur près de 25 kilomètres jusqu'au point d'évacuation de l'hélicoptère.
Pour le lieutenant-colonel Yousef Dararjeh, cette opération illustre l'engagement des Casques bleus dans les missions de sauvetage.
« Nous sommes fiers d'avoir pu sauver deux vies et permettre aux survivants de rejoindre leurs familles. Durant le vol vers Beni, notre équipe médicale leur a administré les premiers soins avant leur transfert dans une structure sanitaire », a-t-il déclaré.
Cette intervention met en évidence les capacités de réaction rapide de l'aviation de la MONUSCO dans les zones les plus enclavées de l'est de la République démocratique du Congo, où elle continue d'appuyer les opérations humanitaires et de secours.