Par Prosper Buhuru
À l'occasion de la Journée nationale du Génocost, célébrée ce 2 août, le Dr Angélique Niyibizi, activiste pro-démocratie, défenseure des droits humains et de l'environnement, a lancé un appel à la communauté internationale pour une reconnaissance officielle des crimes commis en République démocratique du Congo. Dans une déclaration, elle a dénoncé le silence qui, selon elle, continue d'entourer les souffrances des populations congolaises victimes de plusieurs décennies de conflits.
Prenant la parole en marge de cette commémoration, le Dr Niyibizi a rendu hommage aux millions de victimes des violences qui frappent le pays depuis les années 1990. Elle a évoqué les nombreuses pertes en vies humaines, les villages détruits, les familles décimées ainsi que les violences sexuelles commises contre les femmes, estimant que leurs souffrances ne doivent ni être oubliées ni minimisées.
Pour l'activiste, la Journée du Génocost doit constituer un moment de mémoire, mais également un appel à l'unité nationale. Elle a invité les Congolais à développer des stratégies communes afin de mettre fin aux violences et de préserver la mémoire des victimes.
Revenant sur les conflits qui secouent l'Est de la RDC depuis 1996, le Dr Angélique Niyibizi a affirmé que leurs conséquences continuent de peser lourdement sur les plans psychologique, physique, social et moral. Selon elle, les traumatismes subis par les populations restent une réalité qui mérite une prise en charge accrue.
Elle a également regretté que, malgré les nombreux rapports publiés par des organisations locales, nationales et internationales, ainsi que les travaux de chercheurs ayant documenté les violences en RDC, les souffrances des Congolais ne bénéficient pas, selon elle, de la même reconnaissance internationale que d'autres tragédies survenues ailleurs dans le monde.
Dans son intervention, elle a cité plusieurs massacres survenus notamment à Tingi-Tingi, Kishishe, Mutarule, Makobola, Katogota, Mwenga, Goma, Rutshuru, Masisi et Kisangani, estimant que ces événements illustrent l'ampleur des violences qui ont marqué l'histoire récente de la République démocratique du Congo.
Le Dr Niyibizi a, à cette occasion, lancé un appel au Conseil de sécurité des Nations unies, à la Cour pénale internationale, au Conseil des droits de l'homme des Nations unies ainsi qu'aux États africains afin qu'ils renforcent leurs actions en faveur de la justice pour les victimes. Elle a plaidé pour une reconnaissance internationale du « Génocost », qu'elle considère comme une exigence de justice et de mémoire envers les millions de Congolais affectés par les conflits.
En conclusion, l'activiste a rendu hommage aux personnes décédées au cours des différentes violences qui ont frappé la RDC et a appelé à ce que leur mémoire continue d'inspirer les efforts en faveur de la paix, de la justice et de la protection des populations civiles.