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RDC : les autorités renforcent le dispositif de riposte contre Ebola, cholera et rougeole

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Docteur Dieudonné Mwamba Kazadi, DG de l'INSP entouré du représentant de l'OMS à sa droite et sa gauche d'autres parties prenantes
Docteur Dieudonné Mwamba Kazadi, DG de l'INSP entouré du représentant de l'OMS à sa droite et sa gauche d'autres parties prenantes

Par Serge Mavungu

Face à la persistance de plusieurs menaces sanitaires, les autorités congolaises veulent renforcer leurs capacités de surveillance, de prévention et de réponse. Une réunion de coordination stratégique consacrée à la maladie à virus Ebola, au choléra et à la rougeole s’est tenue, lundi 10 août 2026, sous la présidence du ministre de la Santé, avec la participation des partenaires techniques et financiers.

Les travaux, conduits par le Directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), ont permis d’examiner l’évolution de ces trois maladies, les capacités opérationnelles disponibles ainsi que les mesures à renforcer dans les provinces touchées ou exposées.

Ebola : la vigilance maintenue malgré des signaux encourageants

Sur le front de la maladie à virus Ebola, la situation présente des signes d’amélioration dans certaines zones. Le Sud-Kivu est notamment sorti de l’épidémie après avoir enregistré plus de 42 jours sans nouveau cas confirmé.

Cette évolution ne signifie toutefois pas la fin de la vigilance. L’Ituri, la Tshopo, le Bas-Uélé et le Haut-Uélé restent sous surveillance, avec au total 53 zones de santé concernées par l’épidémie.

La réunion a également permis de revenir sur le cas d’une embarcation en provenance de la Mongala, arrivée au port de Bande Bende avec environ 931 personnes à bord. Les échantillons prélevés sur les personnes concernées se sont tous révélés négatifs.

Au-delà du résultat des analyses, cet épisode a servi d’exercice grandeur nature pour tester les capacités de préparation et de réponse au niveau portuaire. L’expérience acquise pourrait être mobilisée en cas de survenue d’autres menaces sanitaires à Kinshasa.

Sur le plan épidémiologique, le cumul fait état de 4 209 cas confirmés, avec une létalité de 45,5 %, dans cinq provinces.

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Tshopo-Ituri : renforcer la surveillance aux points de passage

La situation dans la Tshopo a particulièrement retenu l’attention des participants. Les éléments présentés au cours de la réunion indiquent notamment un lien des cas avec Nyanya.

Dans ce contexte, il a été recommandé de renforcer la surveillance et la détection précoce à la frontière entre la Tshopo et l’Ituri, notamment au niveau de Bafwasende et Bakubi.

L’enjeu est de disposer, dans ces zones stratégiques, de moyens opérationnels permettant d’identifier rapidement les cas suspects, d’assurer leur prise en charge et d’empêcher qu’une nouvelle chaîne de transmission ne se transforme en flambée épidémique.

Vaccination contre Ebola : produire des données et sauver des vies

La vaccination contre la maladie à virus Ebola a également figuré parmi les sujets examinés. Les échanges ont notamment porté sur Ervebo, vaccin utilisé contre la souche Zaïre du virus.

Les participants ont insisté sur la nécessité de tirer des essais cliniques à la fois des données et des évidences scientifiques utiles à la connaissance de la vaccination, mais aussi des bénéfices concrets pour les populations exposées.

L’objectif affiché est donc double : faire progresser les connaissances scientifiques tout en contribuant à la protection et au sauvetage des vies.

Choléra : amélioration globale, mais des foyers toujours actifs

La situation du choléra apparaît globalement moins préoccupante que durant la même période de l’année précédente. Les données présentées font néanmoins état d’environ 37 000 cas cumulés, avec une létalité de 1,5 %, dans 11 provinces.

Plusieurs provinces continuent de concentrer une part importante des notifications, notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et le Tanganyika. Des flambées sont également signalées au Kwango, en Équateur et au Kwilu.

Pour les autorités sanitaires et leurs partenaires, la priorité reste de contrôler ces foyers et d’éviter leur extension.

Le cas du Sankuru appelle également une attention particulière. Une régulation au niveau du ministère est souhaitée afin de vérifier la situation sur le terrain et de disposer de données fiables grâce à des investigations épidémiologiques appropriées.

Dans le Sud-Ubangi, le déploiement d’équipes d’intervention rapide doit permettre de renforcer la réponse face à la situation observée dans cette province.

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Aux frontières, prévenir l’importation de nouveaux cas

La dimension transfrontalière du choléra a occupé une place importante dans les échanges. La réunion bilatérale entre la RDC et la République du Congo a été présentée comme une expérience positive que les autorités souhaitent consolider.

Une attention particulière est désormais portée à la frontière avec l’Angola, notamment en raison du risque associé au cas de Bangwelo et de la menace potentielle pour les entités de Popokabaka, dans le Kongo-Central.

Le renforcement de la surveillance et des capacités de réponse à la frontière RDC-Angola doit permettre de limiter le risque d’introduction d’un choléra exogène en provenance de l’Angola.

Des rencontres transfrontalières avec l’Angola et la République centrafricaine sont également envisagées. L’objectif est de mieux contrôler les zones frontalières, considérées comme particulièrement vulnérables à la circulation des agents pathogènes.

Les initiatives « Mine sans choléra » et « Fleuve sans choléra » ont également été évoquées. Elles doivent contribuer à mieux comprendre les mécanismes de circulation du choléra dans ces espaces et à définir des stratégies adaptées de prévention et de riposte.

Rougeole : la baisse des cas doit être consolidée

La rougeole présente, elle aussi, une évolution favorable. Les notifications sont passées de plus de 3 000 cas à environ 2 400, traduisant une tendance générale à la baisse.

Cette amélioration est également observée dans plusieurs provinces confrontées à des épidémies. Les autorités sanitaires restent néanmoins prudentes et entendent maintenir la surveillance afin de consolider les progrès enregistrés.

Des équipes doivent être déployées dans sept provinces pour appuyer les interventions de riposte. Leur mission comprendra notamment l’analyse des causes profondes à l’origine de la persistance des flambées.

Cette approche doit permettre d’identifier les insuffisances qui subsistent et d’apporter des réponses durables, alors même que la courbe épidémiologique commence à s’infléchir.

Vers une vaccination rougeole-rubéole

La préparation de la vaccination bivalente contre la rougeole et la rubéole a également été abordée.

Cette campagne est considérée comme un levier supplémentaire pour consolider la baisse observée et renforcer la protection des populations contre ces deux maladies.

Les provinces de l’Est demeurent cependant particulièrement sollicitées. Le Tanganyika, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu continuent notamment de notifier une part importante des cas de rougeole et de choléra.

Miser sur les capacités opérationnelles

Au-delà de la surveillance épidémiologique, la réunion a mis en évidence la nécessité de disposer de moyens opérationnels suffisants pour répondre rapidement aux urgences.

La formation de téléopérateurs figure parmi les actions évoquées, tout comme la remise d’ambulances à la Tshopo afin d’améliorer les capacités de réponse aux urgences sanitaires.

Avec l’appui de ses partenaires, notamment l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l’UNICEF, le gouvernement entend ainsi renforcer les interventions dans les zones affectées et auprès des populations vulnérables.

La réunion de coordination stratégique aura finalement permis de dégager une même priorité pour les trois menaces : anticiper, détecter rapidement et intervenir avant que les foyers ne prennent une nouvelle ampleur.

Si certaines tendances sont encourageantes, notamment pour la rougeole et dans certaines zones touchées par Ebola, la situation demeure évolutive. La surveillance des frontières, le renforcement des capacités locales et la coordination entre les différents acteurs restent dès lors essentiels pour prévenir de nouvelles flambées.

Mardi 11 août 2026 - 08:50