Par Serge Mavungu
La participation des groupes rebelles au dialogue national annoncé par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, continue de susciter des réactions au sein de la classe politique et de la société civile en République démocratique du Congo (RDC). Pour Jean-Claude Katende, président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), l’absence de ces groupes autour de la table des discussions constitue une option qui peut se défendre.
Dans une prise de position, le défenseur des droits humains estime qu’il serait difficile d’accepter la présence, dans un cadre de dialogue national, de Congolais qui, selon lui, « portent l’agenda d’une puissance étrangère ». Une position qui intervient alors qu’une partie de l’opposition insiste sur la nécessité d’associer les groupes rebelles aux discussions afin de rechercher une issue politique à la crise sécuritaire et politique que traverse le pays.
Toutefois, Jean-Claude Katende souligne que la question de la composition du dialogue ne doit pas occulter les conditions nécessaires à sa crédibilité. Selon lui, le dialogue ne pourra être bénéfique pour la République démocratique du Congo que s’il est « ouvert, transparent » et conduit par des personnalités indépendantes, capables de résister aux manipulations des acteurs politiques, quel que soit leur bord.
Le président de l’ASADHO insiste également sur le mode de désignation des participants. Il préconise une sélection démocratique permettant de prendre en compte l’ensemble des sensibilités nationales, afin que les discussions ne soient pas réduites à une représentation d’une seule tendance politique.
Jean-Claude Katende met ainsi en garde contre le risque de transformer le dialogue national en une simple rencontre politique dominée par les composantes de l’Union sacrée de la nation, la coalition soutenant le président Tshisekedi.
« Il faut éviter de faire du dialogue un congrès de l’Union sacrée de la nation », insiste-t-il, estimant que le chef de l’État pourrait laisser une trace négative dans l’histoire s’il ne veille pas à garantir l’ouverture et l’indépendance du processus.
Son intervention apporte ainsi un autre éclairage au débat sur la composition du futur dialogue : si l’exclusion des groupes rebelles peut, selon lui, être défendue au regard de leurs liens présumés avec des intérêts étrangers, la réussite du processus dépendrait surtout de son caractère inclusif, transparent et indépendant.