Goma-Nyiragongo : les convocations du M23-AFC font craindre des déguerpissements de plus de 100 familles

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Une maison en cours de construction dans la ville de Goma [photo d'illustration]
Une maison en cours de construction dans la ville de Goma [photo d'illustration]

Par Prosper Buhuru

Des habitants de certains quartiers de Goma et du territoire de Nyiragongo sont convoqués par une structure présentée comme une commission de réconciliation et de restitution des conflits, mise en place par les autorités de facto de l’AFC/M23. Ces convocations, qui portent sur des différends liés à la propriété de plusieurs parcelles, suscitent des inquiétudes parmi les familles concernées.

Des documents consultés par la rédaction d’Opinion-Info.cd montrent que certains occupants ont été invités à présenter leurs documents parcellaires dans le cadre de procédures concernant des biens situés notamment dans le quartier Ndosho, à Goma, ainsi que dans certaines entités du territoire de Nyiragongo.

Des familles inquiètes

Pour les responsables locaux de la jeunesse, ces convocations constituent une source de préoccupation, particulièrement pour les ménages qui affirment occuper leurs propriétés depuis plusieurs années et disposer de documents attestant leur acquisition.

Claude Rugo, président du Conseil communal de la jeunesse de Karisimbi, estime que plusieurs familles risquent de perdre leurs biens à l’issue de ces procédures. Il affirme que certaines revendications sont notamment présentées au nom de réfugiés congolais vivant au Rwanda depuis plusieurs années.

« Nous sommes extrêmement frustrés de la manière dont la rébellion du M23 convoque plus de cent ménages vivant au quartier Ndosho et dans le territoire de Nyiragongo », déclare-t-il, estimant que ces familles sont exposées à un risque de perte de leurs propriétés.

Les personnes directement concernées n’ont toutefois pas été identifiées dans cet article afin de préserver leur sécurité, compte tenu du contexte sécuritaire et institutionnel dans les zones concernées.

Des revendications foncières à vérifier

Les autorités de facto présentent ces démarches comme relevant du règlement de différends fonciers. Mais, selon les acteurs locaux interrogés, certaines revendications seraient apparues après l’installation de l’administration de facto dans la région.

Claude Rugo s’interroge notamment sur l’absence de recours antérieurs devant les juridictions congolaises compétentes pour certains de ces différends.

« Pourquoi ces soi-disant propriétaires n’étaient-ils pas venus à l’époque où la justice et l’autorité de l’État prévalaient ? », questionne-t-il.

Ces affirmations doivent toutefois être confrontées aux documents de propriété, aux éventuelles décisions judiciaires et aux versions des personnes qui revendiquent les parcelles. La rédaction n’a pas pu établir, sur la seule base des documents consultés, la légitimité de chacune des revendications ni l’existence d’une décision définitive ordonnant le déguerpissement des occupants.

Les défenseurs des droits humains sollicités

Face aux inquiétudes exprimées par les familles, les responsables locaux de la jeunesse appellent les organisations indépendantes de défense des droits humains à documenter les dossiers et à suivre les procédures engagées.

La rédaction poursuit ses démarches afin d’obtenir davantage d’éléments sur le nombre exact de ménages concernés, la nature des revendications, les documents produits par les différentes parties et les suites réservées aux convocations.

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Lundi 28 septembre 2026 - 16:23