Par Gloire Balolage
L’épidémie de choléra continue de sévir dans la zone de santé de Popokabaka, dans la province du Kwango, où l’accès limité à l’eau potable et les insuffisances en matière d’assainissement compliquent la lutte contre la maladie.
Dans un communiqué publié le 7 octobre 2026, Médecins Sans Frontières (MSF) indique soutenir le ministère de la Santé dans la riposte, notamment à travers la prise en charge des malades, la surveillance épidémiologique et les activités liées à l’eau, l’hygiène et l’assainissement.
Une équipe d’urgence de MSF intervient notamment à l’Hôpital général de référence de Popokabaka, où un centre de traitement du choléra a été installé pour les patients présentant des formes sévères.
Au 22 juillet, 345 cas suspects et 21 décès avaient été rapportés dans 26 des 35 aires de santé de Popokabaka, soit une létalité de 6,1 %. L’épidémie avait été officiellement déclarée le 25 juin après la confirmation du Vibrio cholerae par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB). Les trois aires de santé du chef-lieu, Secteur Popo, Cité Popo 1 et Cité Popo 2, regroupaient à elles seules 200 cas, soit 58 % du total.
Pour rapprocher les soins des communautés, quatre unités de traitement ont été installées dans quatre aires de santé, en plus de 31 points de réhydratation orale. Depuis le début de l’intervention, 450 patients ont été pris en charge, dont 175 à l’HGR de Popokabaka.
Mais pour MSF, la prise en charge médicale ne suffit pas à interrompre la transmission. L’organisation relève notamment les difficultés d’accès à l’eau potable ainsi que les mauvaises conditions d’hygiène et d’assainissement.
Selon son évaluation, 61 % de la population disposent de moins de 15 litres d’eau potable par personne et par jour, tandis que seulement 38 % disposent de latrines fonctionnelles. La défécation à l’air libre reste également largement pratiquée et une partie importante de la population dépend des rivières pour ses besoins quotidiens en eau.
À l’approche de la saison des pluies, MSF estime que le risque de contamination des sources d’eau pourrait encore augmenter. L’organisation a installé 36 points de chloration orale, mais juge ces mesures insuffisantes face aux besoins.
La situation est également compliquée par le contexte humanitaire marqué par les violences du conflit intercommunautaire connu sous le nom de « Mobondo », les déplacements de population et l’arrivée de plus de 2 000 Congolais refoulés d’Angola.
L’accès aux soins constitue un autre défi dans cette zone de santé qui compte 35 aires de santé pour un seul hôpital général de référence. Certaines communautés ne sont accessibles que par pirogue, à moto ou à pied, ce qui peut retarder leur prise en charge.
MSF appelle ainsi les autorités sanitaires et les autres acteurs de la réponse à renforcer durablement l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, tout en maintenant les efforts de surveillance, de prévention et de prise en charge.