Par la Rédaction
Trois cas de résistance aux mesures de lutte contre Ebola sont rapportés en une semaine dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu. Le dernier incident est survenu, ce samedi 10 octobre 2026, à l’Hôpital général de référence de Kayna, où une famille s’est opposée à la conservation à la morgue du corps d’un patient suspecté d’être infecté par le virus.
Selon des sources locales, le patient est décédé samedi matin. Son corps devait être conservé à la morgue en attendant les résultats des analyses de laboratoire, annoncés dans un délai de 48 heures. Mais ses proches, de confession musulmane, se sont opposés à cette mesure pour des raisons religieuses.
Après plusieurs heures de tension, l’hôpital a finalement libéré le corps dans la soirée. L’inhumation est organisée sous l’encadrement de l’équipe chargée des enterrements dignes et sécurisés (EDS), selon les mêmes sources. À ce stade, les informations disponibles ne permettent pas d’établir si le décès est effectivement lié à Ebola.
Cet incident intervient dans un contexte de difficultés signalées dans l’application des mesures sanitaires liées à l’épidémie dans cette partie du territoire de Lubero, sous occupation du M23-AFC.
Vendredi 9 octobre, à Miriki, une contestation autour d’un enterrement digne et sécurisé a dégénéré en échanges de tirs, faisant deux blessés, rapportent les sources locales.
Un autre incident a été signalé dimanche dernier à Alimbongo. Une famille, rapportent nos sources, a retiré de force un patient testé positif à Ebola du centre de santé de Kasingiri, alors que son transfert vers le centre de traitement Ebola (CTE) de Kayna était prévu.
La répétition de ces incidents met en évidence les difficultés rencontrées par les équipes de riposte pour faire respecter les mesures sanitaires, notamment lors de la prise en charge des malades et de la gestion des dépouilles. Elle souligne également la nécessité de mieux associer les familles et les communautés aux mesures de prévention, en tenant compte des convictions religieuses et des pratiques funéraires.
Dans ce contexte, le dialogue avec les communautés, l’explication des risques sanitaires et le respect des protocoles de sécurité restent essentiels pour limiter les tensions et prévenir de nouvelles résistances à la riposte contre Ebola.