Par Gloire Balolage
Alors que la République démocratique du Congo fait face à la résurgence de l'épidémie d'Ebola, les besoins humanitaires continuent de s'alourdir sous l'effet des violences armées, des déplacements de population et de l'insécurité alimentaire. Pour faire face à cette situation, les Nations unies ont besoin de 2,13 milliards de dollars américains, mais leur plan de réponse humanitaire accuse un déficit d'un milliard de dollars, une insuffisance financière qui suscite des inquiétudes quant à la continuité de l'assistance aux personnes vulnérables.
Dans une alerte lancée ce lundi 12 octobre à Genève, le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) met en garde contre le risque de voir les efforts financiers consacrés à Ebola réduire les moyens disponibles pour répondre aux autres urgences. L'organisation insiste sur la nécessité de préserver l'aide destinée aux millions de Congolais qui subissent les conséquences des conflits et de la faim, parallèlement aux interventions sanitaires contre l'épidémie.
Le coordonnateur humanitaire de l'ONU en RDC, Damien Mama, fait état de près de 12 millions de personnes ayant besoin d'une assistance vitale dans les provinces affectées. Parmi elles, environ 8 millions sont concernées par la résurgence du virus Ebola. Ces chiffres soulignent l'étendue des besoins auxquels les acteurs humanitaires doivent répondre, alors que les ressources disponibles restent insuffisantes pour couvrir l'ensemble des interventions nécessaires.
Au-delà de l'urgence sanitaire, les conséquences des violences armées demeurent particulièrement préoccupantes. Plus de 6,1 millions de personnes ont été contraintes de quitter leur lieu de vie, tandis que 26 millions de Congolais font face à une insécurité alimentaire aiguë. La situation est également alarmante pour les enfants, avec plus de 4 millions de moins de cinq ans touchés par la malnutrition. Ces différentes urgences nécessitent une assistance qui ne peut être interrompue au profit d'une seule crise.
Pour Damien Mama, la lutte contre le virus ne doit donc pas reléguer au second plan les autres besoins humanitaires. « Alors que nous nous concentrons à juste titre sur l'éradication d'Ebola, nous ne devons pas perdre de vue la crise humanitaire plus large. Les deux réponses doivent aller de pair », a-t-il déclaré chez nos confrères de Radio Okapi, plaidant pour une prise en charge simultanée des personnes affectées par l'épidémie et de celles confrontées aux conséquences des conflits et de la précarité alimentaire.
Le financement recherché par les Nations unies doit permettre d'assister 10,7 millions de personnes dans le cadre du Plan de réponse humanitaire en RDC. Toutefois, le manque d'un milliard de dollars américains complique la mobilisation des moyens nécessaires à la mise en œuvre de cette assistance. Dans un contexte où les besoins concernent aussi bien la survie des populations déplacées que la lutte contre la malnutrition, la disponibilité des fonds demeure un enjeu majeur pour les opérations de secours.
Face à ce déficit, l'ONU sollicite une mobilisation urgente des États membres et des bailleurs de fonds internationaux afin de réunir les ressources manquantes. L'organisation entend ainsi éviter que la concentration des efforts sur Ebola ne se traduise par une diminution de l'aide apportée aux autres populations en détresse. Son appel met en évidence un défi central pour la réponse humanitaire en RDC : combattre l'épidémie tout en maintenant l'assistance indispensable aux millions de personnes menacées par la faim, les déplacements et la malnutrition.