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Table ronde sur la sécurité et la protection des journalistes en RDC : JED interpelle les autorités sur les arrestations arbitraires, les poursuites judiciaires et l'impunité

lun 12/10/2026 - 18:26
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Le secrétaire général de JED, Tshivis Tshivuadi
Le secrétaire général de JED, Tshivis Tshivuadi

Par Gloire Balolage

La protection des journalistes, les responsabilités pénales liées à l'exercice du métier et les rapports entre liberté de la presse et sécurité nationale ont été au centre d'une table ronde nationale organisée ce lundi 12 octobre 2026 à Kinshasa. Initiée par l'organisation Journaliste en Danger (JED), avec l'appui du ministère de la Communication et Médias, cette rencontre a réuni des représentants de la justice, des services de sécurité, des médias ainsi que des diplomates accrédités en République démocratique du Congo.

Les échanges ont notamment porté sur les moyens de protéger les professionnels des médias tout en préservant l'ordre public. Les participants ont examiné le rôle des services de sécurité dans la conciliation entre les exigences de la sécurité nationale et le respect de la liberté de la presse. La responsabilité pénale des journalistes, les réalités de la pratique judiciaire et les garanties prévues par l'ordonnance-loi n° 23/009 du 13 mars 2023, relative aux modalités d'exercice de la liberté de la presse, de l'information et d'émission en RDC, ont également été abordées.

Lors de son mot d'accueil, le président de JED, Donat Mbaya Tshimanga, a rappelé que la sécurité nationale ne devrait pas être opposée à la liberté de la presse. « La sécurité nationale et l'ordre public ne sont pas des adversaires de la presse », a-t-il déclaré, plaidant pour un renforcement des dispositifs de protection des journalistes. Les interventions des experts, notamment des hauts magistrats de la Cour de cassation et des responsables des institutions concernées, ont permis d'examiner les moyens de réduire les pressions régulièrement exercées sur les professionnels des médias.

De son côté, le ministre d'État, ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a présenté la RDC comme un pays attaché à la liberté d'expression. Il a assuré que des mécanismes étaient en cours de construction afin d'améliorer l'accès à la justice pour tous, en tenant compte des avancées permises par la loi sur la liberté de la presse, communément appelée « loi Muyaya ».

Le président du Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (CSAC), Christian Bosembe, a insisté, lui, sur la nécessité d'assainir la profession. Selon lui, la liberté d'expression ne saurait justifier la délinquance ou le banditisme, tandis que la sécurité de l'État doit également préoccuper les journalistes et les autres professionnels des médias.

Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a, pour sa part, mis l'accent sur la nécessité de mieux identifier les personnes qui exercent réellement le métier de journaliste. Il estime que cette clarification permettrait de mieux cibler les mesures de protection et de distinguer les professionnels crédibles des citoyens qui diffusent des informations sans exercer le journalisme au sens professionnel du terme. « Le journaliste doit reprendre son appellation de "Monsieur" car il mérite considération », a-t-il martelé, soulignant que la protection du professionnel qui collecte, traite et diffuse l'information est indispensable au maintien de sa crédibilité au sein de la société.

Patrick Muyaya a également plaidé pour le renforcement de l'autorégulation afin de contribuer à l'assainissement du paysage médiatique congolais. Il a indiqué que le gouvernement Suminwa envisageait de valoriser le processus d'identification et de délivrance de la carte de presse, notamment par des facilités dans plusieurs secteurs. Les discussions ont, par ailleurs, insisté sur le respect des règles professionnelles, notamment l'obligation de donner la possibilité d'exercer un droit de réponse, prévue par l'ordonnance-loi du 13 mars 2023.

Lundi 12 octobre 2026 - 18:26