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RDC : JED plaide pour l’opérationnalisation du mécanisme national de protection des journalistes

lun 02/11/2026 - 16:09
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Photo de famille des responsables de JED, du directeur de cabinet du ministre de la Communication et Médias et des représentants des corporations de journalistes.
Photo de famille des responsables de JED, du directeur de cabinet du ministre de la Communication et Médias et des représentants des corporations de journalistes.

Par Serge Mavungu

À l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, célébrée le 2 novembre, Journalistes en danger (JED) a rappelé l’importance de rendre opérationnel le mécanisme national de protection des professionnels des médias en République démocratique du Congo. Cette question a été abordée lors de la cérémonie organisée par l’organisation à l’occasion de la présentation de son rapport annuel 2026.

Prenant la parole à cette occasion, Tshivis Tshivuadi, secrétaire général de JED, a mis en avant la nécessité de doter le pays d’un dispositif concret capable de prévenir les atteintes à la liberté de la presse et d’assurer une réponse rapide aux menaces et aux agressions visant les journalistes.

Porté par JED avec l’appui de Reporters sans frontières (RSF), ce mécanisme ambitionne de dépasser le stade des dénonciations pour instaurer un système structuré de prévention, d’alerte et de prise en charge des professionnels des médias victimes de violations dans l’exercice de leur métier.

Le dispositif prévoit notamment la transmission rapide des alertes, leur traitement par les autorités compétentes ainsi que le suivi des réponses apportées. Il vise également à renforcer la mise en sécurité des journalistes menacés, leur accompagnement juridique et psychosocial, ainsi que les démarches destinées à établir les responsabilités des auteurs de violences.

Sa mise en œuvre repose sur une collaboration entre les institutions publiques et les organisations professionnelles concernées. Des points focaux sont notamment envisagés au sein des services de justice, de police, de l’armée, des services de sécurité, du régulateur des médias et des organisations de défense des journalistes. Des relais provinciaux doivent également contribuer à étendre la protection au-delà de Kinshasa, notamment dans les zones touchées par l’insécurité.

Le mécanisme prévoit par ailleurs un système d’alerte rapide, notamment au moyen d’une ligne directe utilisant une application de messagerie, afin de faciliter le signalement des incidents et d’accélérer les interventions.

Pour JED, cette initiative répond à une situation marquée par les arrestations, les menaces, les agressions physiques et les pressions exercées contre les journalistes. Dans les provinces affectées par les conflits armés, la vulnérabilité des professionnels des médias renforce la nécessité d’un dispositif de protection accessible et réactif.

Cette démarche s’inscrit dans la dynamique engagée à l’issue de la table ronde nationale Médias-Justice-Sécurité, organisée le 12 octobre 2026 à Kinshasa, qui avait réuni des représentants du gouvernement, des institutions judiciaires et sécuritaires ainsi que des acteurs du secteur médiatique.

Pour devenir pleinement opérationnel, le mécanisme devra franchir plusieurs étapes, notamment la désignation effective des points focaux, la mise en place du système d’alerte et l’adoption d’un cadre juridique précisant son mandat, son fonctionnement et les moyens nécessaires à son action.

À travers cette initiative, JED et ses partenaires entendent renforcer la prévention des violences contre les journalistes et contribuer à la lutte contre l’impunité, considérée comme l’un des principaux obstacles à l’exercice libre et sécurisé du journalisme en RDC.

Lundi 2 novembre 2026 - 16:09