Par Prosper Buhuru
Le Président Félix Tshisekedi a clôturé, samedi 2 novembre 2025, son séjour au Caire par une rencontre avec la diaspora congolaise établie en Égypte. Devant des étudiants, travailleurs, commerçants et militaires en formation, le chef de l’État a réaffirmé sa volonté de restaurer la paix à l’Est de la RDC -République démocratique du Congo- par la voie du dialogue et de la diplomatie active.
S’exprimant dans un ton à la fois ferme et conciliant, Félix Tshisekedi a rappelé que sa démarche reste celle d’un dirigeant soucieux de la stabilité du pays.
- "Je ne suis pas devenu Président pour faire la guerre. Nos populations ont besoin de paix et de développement. Mais pour défendre mon peuple, je suis prêt à tout, même à devenir militaire", a-t-il déclaré.
Le chef de l’État a passé en revue les différents processus de paix entrepris depuis 2022, notamment ceux de Nairobi, Luanda, Doha et Washington. Il a déploré l’impasse du processus de Luanda, qui n’avait pas abouti en décembre 2024 en raison de l’absence du Président rwandais Paul Kagame.

"Ses intentions sont belliqueuses et hégémoniques. Son objectif est de scinder notre pays et d’occuper la partie Est riche en ressources", a accusé Félix Tshisekedi.
Cependant, il a souligné que la RDC n’a pas abdiqué, assurant que la diplomatie congolaise a su "impulser une dynamique internationale" conduisant à des pressions et sanctions ciblées contre le Rwanda.
Annonçant la suite du processus, le Président Tshisekedi a confirmé que les discussions de Doha reprendront la semaine prochaine, sous la médiation du Qatar. Selon lui, les États-Unis, à travers le Président Donald Trump, prévoient ensuite d’entériner les accords de Doha et de Washington dans une rencontre bilatérale à venir.
"Je vais remercier l’Émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani, pour son implication dans le dialogue avec la coalition AFC/M23", a-t-il ajouté.
Tout en prônant la paix, Félix Tshisekedi a tenu à rappeler que sa main tendue à Paul Kagame n’était pas un signe de faiblesse, mais un acte de réalisme politique : "On sait comment la guerre commence, mais jamais comment elle finit. La paix des braves reste notre priorité."
Le Président de la République a également abordé la situation humanitaire à Goma, évoquant la relance prochaine des vols humanitaires pour soulager les populations. Il a enfin encouragé les militaires et policiers congolais en formation au Caire, leur assurant du soutien de l’État congolais.
Par cette rencontre, Félix Tshisekedi a voulu montrer que la paix, la dignité et la défense de la souveraineté nationale demeurent les piliers de son action diplomatique à l’étranger comme à l’intérieur du pays.