Par Gloire Balolage
La Première Ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a présidé lundi la cérémonie d’ouverture de l’Atelier national de concertation consacré à la mise en œuvre du Programme Sino-Congolais.
Cette rencontre, organisée sous l’impulsion du Gouvernement, vise à réfléchir sur les modalités d’application de la Loi n°14/005 du 11 février 2014 relative au régime fiscal, douanier, parafiscal, des recettes non fiscales et de change, applicable aux conventions de collaboration et projets de coopération. Ce texte garantit la sécurité du régime d’exonération lié au Programme Sino-Congolais.
Il est précisé que l’objectif de cet atelier est d’harmoniser les pratiques et de clarifier les procédures encadrant les partenariats dans le cadre de la coopération dite « ressources contre infrastructures », à l’instar du projet Sicomines, considéré comme un pilier majeur du développement national.
Lors de son discours d’ouverture, la Première Ministre a insisté sur le contexte « crucial » dans lequel se tient cette rencontre, soulignant que la RDC poursuit sa trajectoire vers une reconstruction durable et inclusive. Elle a rappelé que cette démarche s’inscrit dans la vision du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, traduite dans les Six Engagements Majeurs du quinquennat et le Programme d’Actions du Gouvernement.
Judith Suminwa a précisé que l’objectif n’est pas de remettre en cause les acquis du partenariat sino-congolais, mais de le rendre plus performant, transparent et équilibré. À cet effet, elle a appelé à l’adoption rapide des arrêtés interministériels d’application qui permettront de rendre pleinement opérationnelle la Loi 14/005 et d’instaurer une gouvernance plus rigoureuse.
La Première Ministre a également rappelé l’importance stratégique du Programme Sino-Congolais dans la coopération internationale de la RDC. Ce partenariat doit évoluer pour répondre aux exigences actuelles de bonne gouvernance, de transparence et de redevabilité mutuelle. Elle a insisté sur la nécessité que l’exploitation des ressources naturelles se traduise par des retombées concrètes telles que la construction d’infrastructures modernes, la création d’emplois, la formation des jeunes et l’amélioration du bien-être collectif.
Pour garantir ces objectifs, le Gouvernement entend renforcer son rôle de pilotage par une meilleure coordination entre les ministères, les régies financières et l’Agence de Pilotage, de Coordination et de Suivi des Conventions de Collaboration (APCSC).
De son côté, le Directeur général de l’APCSC, Freddy Yodi Shembo, a souligné la portée institutionnelle de cet atelier. Selon lui, cette rencontre témoigne de la volonté ferme de l’État congolais de consolider l’un de ses instruments majeurs de développement, à savoir le Programme Sino-Congolais.
Il a également évoqué l’avenant numéro 5 issu de la renégociation du contrat Sicomines, présenté comme un cadre opérationnel actualisé, qui nécessite une concertation renforcée entre les institutions publiques et les partenaires privés.
Le Programme Sino-Congolais, lancé en 2008, repose sur une logique intégrée « ressources contre infrastructures » destinée à accélérer la modernisation de la RDC et à stimuler la création d’emplois. La convention a été renégociée en 2024 afin de rééquilibrer les termes et mettre en avant des projets concrets portés par le Gouvernement congolais.