Par Stella Ungaro
L’évaluation de la pollution des zones minières du Sud-Est de la RDC a fait l’objet d'une soutenance publique de thèse de doctorat du désormais ex-chef de travaux Emmanuel Atibu Kazinguvu, proclamé, au terme de cet exercice scientifique, docteur en Sciences à l’Université de Kinshasa (UNIKIN) avec mention plus grande distinction.
Sa thèse est intitulée «Evaluation de la pollution des zones minières du Sud-Est de la République Démocratique du Congo(RDC) : caractérisations physico-chimiques et radiochimiques des sols et sédiments de quelques cours d’eau des provinces du Haut-Katanga, Lualaba et Maniema».
A travers ses recherches, Atibu Kazinguvu a indiqué que l’exploitation des gisements miniers de la RDC, qui comptent parmi les plus riches du monde, peuvent avoir des impacts négatifs, causer des dommages à l’environnement et à la santé des communautés environnantes.
Parmi ces impacts, le récipiendaire a énuméré la dégradation complète de la qualité de l’eau et du sol, dont les provinces du Sud-Est de la RDC constituent un cas particulier, avec un nombre croissant de mines abandonnées non contrôlées, une exploitation artisanale et à petite échelle des minerais.
Dans les trois provinces servant de champ empirique à cette recherche doctorale (Haut-Katanga, Lualaba et Maniema), il a été évalué, le degré de contamination des rivières situées dans les zones caractérisées par la présence des mines abandonnées et des mines actives (artisanales et industrielles), partant de la détermination de la concentration et de la distribution des métaux lourds, des terres rares et des radionucléides dans les sédiments et les sols de ces rivières et de développer les approches de remédiation des sites contaminés.
De là, la nécessité d’une stratégie d’assainissement durable. C’est ainsi que la thèse a recommandé à l’Etat, aux organisations nationales et internationales ainsi qu’aux autorités publiques, des pistes pour protéger l’environnement et les communautés. Notamment, initier et élaborer une stratégie d’assainissement durable pour atténuer la pollution des eaux douces et des sols par des activités minières actives et abandonnées.
La thèse a aussi évoqué la nécessité d’encadrer les mineurs artisanaux, afin de les amener à un changement de comportement, notamment dans l’utilisation des techniques propres pour l’extraction de l’or comme souhaité par la Convention de Genève sur le mercure.
Le récipiendaire a recommandé de mettre en œuvre des mesures de protection telles que l’information de la population locale et des mineurs artisanaux sur les conséquences sanitaires.
La mise sur pied d’une politique de biomédiation des sites contaminés et d’une approche phytoremédiation avec l’espace de plante étudiée en restaurant la végétation et en réduisant les niveaux de contaminants.
Pour sa part, le professeur de l’Université de Genève (UNIGE/Suisse), John Poté Wembonyama, promoteur de la thèse, cité par l’ACP, a apprécié la qualité de cette étude issue de sept thèses qu’il a produites en RDC, dans le cadre du Programme de renforcement des capacités de l’enseignement et de la recherche en sciences de l’environnement(PRCERSE), financé par le fonds national suisse, impliquant l’UNIGE-UNIKIN et l’Université pédagogique nationale(UPN).
Le Pr Poté a salué la collaboration entre les trois universités dans le cadre de ce projet /PRCERSEqu’il a initié depuis 2011, élargi jusqu’à 2025 pour former les docteurs à thèse dans divers domaines notamment d’environnement, d’ingénierie, de chimie, de médecine.
Le directeur général de l’Institut national du bâtiment et travaux publics(INBTP), le Pr Simon Nanituma Mavakala, membre du jury, le co-promoteur de cette thèse, le Pr Pius Mpiana Tshimankinda, le secrétaire général administratif de l’UNIKIN, le Pr Lapika représentant du recteur ainsi que le doyen de la faculté des sciences, le Pr Musesa Landa, ont salué les solutions idoines proposées dans cette recherche.