Climat délétère à la GECAMINES: le nouveau DGA Léon KABIENA appelé à rassurer les opérateurs économiques autochtones [Tribune]

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Le bâtiment administratif de la Gecamines, à Lubumbashi
Le bâtiment administratif de la Gecamines, à Lubumbashi

Par la Rédaction

Après la lecture de l'ordonnance présidentielle portant la nouvelle mise en place de l’équipe dirigeante à la tête de la Générale des Carrières et des Mines (GECAMINES), la crainte devient de plus en plus grande de voir le contrôle de cette société échappé des mains des originaires de l'espace Katanga. Si l'ère Mulenda Mbo a choqué l'opinion publique par le fait qu'un ressortissant du centre du pays a été propulsé à la tête de la GECAMINES, causant ainsi des nombreuses frustrations difficilement remédiables aux populations autochtones, la nomination récente de Léon KABIENA comme Directeur général adjoint de la Gecamines jette la profonde douleur au sein de la société épine dorsale des dignes fils de ce coin de la république. Considérée comme la fierté de l’économie congolaise en général et Katangaise en particulier, à l'instar de plusieurs carrés miniers du Haut-Katanga et du Lualaba devenus de plus en plus une vache à lait pour les opérateurs non ressortissants de l’espace Katangais.

En effet, une récente étude couplée à un constat de plusieurs analystes de la scène minière congolaise démontre déjà que sur tout l'espace du Grand Katanga, les concessions minières surtout les carrières tombent les unes après les autres sous la coupe des opérateurs économiques non originaires. C'est le cas des carrières de TWILIZEMBE, NDJUKUMABWE, MUTOSHI, BIWAYA, BRIDON GCM et plusieurs remblais de la Gecamines qui sont aujourd'hui entre les mains des exploitants décriés. A la GECAMINES, des nombreux contrats d'exploitation des remblais de Kafundwa ou ceux situés à l'entrée de la ville de LIKASI, sont donnés aux ressortissants du centre du pays au risque de voir les enfants du Katanga de ne plus rien avoir. La nomination de Leon KABIENA au poste de DGA fait notamment craindre une montée en puissance de tous ces exploitants de son obédience qui lorgnent depuis longtemps les carrés miniers et les remblais appartenant à la GECAMINES. Ceci apparaît de plus en plus comme une porte ouverte sur une mine d'or pour les non originaires alors qu’un parcours des combattants est imposé aux entrepreneurs miniers originaires du Katanga pour ne fut-ce obtenir un contrat d'exploitation des remblais de la GCM. Le comité YUMA MULIMBI a promu et défendu tant bien que mal le principe de l'équilibre géopolitique dans l'octroi des marchés de prestation des services, mais cette logique a été progressivement battue en brèche avec une imposition de plus en plus forte des opérateurs économiques du centre.

La montée de l’hégémonie des non originaires fait aussi craindre aux populations autochtones une main basse en douce sur les richesses minières de la GECAMINES, en interne par des promotions des non originaires aux postes clés qu'en externe par l'octroi aux autres des contrats aussi bien de prestations de services que d'exploitation des remblais. 

Une sorte de veillée d’armes née de cette frayeur prend de l’ampleur dans les grands salons politiques et économiques du pays. C’est un rappel des troupes pour la résistance qui ne dit pas son nom. Certains leaders disent qu'ils ne se laisseront cette société symbolique de l’espace Katanga être géré par d'autres personnes.

Pour conserver la paix, il est important que la nouvelle équipe conserve l'équilibre géopolitique Katangaise dans toutes les décisions qui seront prises pour ne pas voir le feu qui couve sous la cendre exploser en pleine figure et gâcher la paix que le chef de l'État Félix Tshisekedi a instaurée sur l'espace Katanga. 

A bon entendeur salut !

Juramme Lumbala Mubikayi

Juriste, Analyste des questions sociales et économiques.