Par Serge Mavungu Mbenza
La Première Ministre, Judith Suminwa Tuluka, a lancé un cri d'alarme, lors de la 70ème session de la Commission de la condition de la femme (CSW70), à New York, dénonçant l'utilisation des violences sexuelles comme arme de guerre dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC). Selon elle, "la guerre ne se limite pas aux champs de bataille, elle se déroule aussi sur le corps des femmes, des filles et des enfants".
La Cheffe du Gouvernement congolais a souligné que ces violences sont utilisées comme armes de terreur, d'humiliation et de domination depuis plus de deux décennies, avec des conséquences dévastatrices sur les vies, les familles et les communautés entières. Elle a cité le rapport Mapping des Nations Unies de 2010, qui a révélé l'ampleur des atrocités commises en RDC, et a souligné que la situation reste alarmante, avec une augmentation des cas de violences sexuelles contre les enfants.
Judith Suminwa a annoncé que le Gouvernement de la RDC, sous le leadership du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a accéléré les réformes pour lutter contre l'impunité, renforcer la justice transitionnelle et garantir des réparations aux victimes. Elle a notamment cité la relance de la politique nationale de réforme de la justice et la mise en place du FONAREV, qui vise à passer d'une réponse humanitaire ponctuelle à une politique de réparation durable.
Cependant, face à des défis considérables, la Première Ministre a lancé un appel à l'action collective, soulignant que la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits nécessite une solidarité internationale renforcée et des financements innovants.
"Cette lutte ne peut être menée seule", a-t-elle déclaré ; "elle exige une mobilisation collective à la hauteur de l'urgence, car il s'agit d'une question fondamentale de dignité humaine".
La Première Ministre a insisté sur le fait que les violences sexuelles dans les conflits ne sont pas inévitables, mais plutôt le résultat de l'impunité.
"L'impunité est un choix que la communauté internationale peut décider de ne plus tolérer", a-t-elle conclu de manière pragmatique.