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Traité mondial sur les plastiques : la RDC doit choisir le camp de l’ambition

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Par Denise Kyalwahi

Longtemps présentée comme un simple problème de saleté urbaine ou de gestion des déchets, la pollution plastique est aujourd’hui identifiée comme une menace sanitaire, climatique et humaine mondiale.

À Nairobi, où se poursuivent les négociations sur le futur Traité mondial contre la pollution plastique, les États ont rendez-vous avec l’Histoire. Parmi eux, la République démocratique du Congo est attendue avec attention.

La RDC n’est pas un pays ordinaire dans les discussions environnementales internationales. Avec le Bassin du Congo, deuxième plus grand massif forestier tropical de la planète, ses ressources hydriques immenses et sa biodiversité exceptionnelle, elle porte une responsabilité particulière dans les équilibres écologiques mondiaux.

Mais cette responsabilité doit aujourd’hui dépasser la seule question climatique. 

La pollution plastique tue déjà en silence. Elle contamine les sols, les rivières, les aliments, l’air et même le sang humain. Une étude scientifique réalisée à Kinshasa a confirmé la présence d’additifs plastiques dans l’organisme de certains citoyens congolais. Le plastique n’est donc plus seulement une question environnementale : c’est une urgence de santé publique.

Les femmes et les jeunes filles en subissent les conséquences de manière disproportionnée. Les perturbateurs endocriniens contenus dans plusieurs produits plastiques affectent la santé hormonale et reproductive. Dans un pays où les ustensiles plastiques occupent une place importante dans la vie quotidienne, cette crise devient aussi une question de justice sociale et de genre.

Face à cette réalité, la RDC ne peut pas rester spectatrice. Le futur traité ne doit pas devenir un accord faible, vidé de son ambition sous la pression des intérêts industriels. Limiter les discussions à la seule gestion des déchets serait une erreur historique. Le problème commence bien avant les déchets : à la production massive et incontrôlée des plastiques et à l’utilisation de substances chimiques dangereuses.

La RDC doit donc soutenir un traité juridiquement contraignant qui agit sur l’ensemble du cycle de vie des plastiques : extraction, production, consommation et gestion des déchets.

Notre pays a l’occasion de faire entendre une voix forte au nom de l’Afrique et des populations vulnérables souvent absentes des grands centres de décision.

Il est encourageant de voir les organisations environnementales, les étudiants, les scientifiques et les médias congolais se mobiliser pour rappeler cette exigence d’ambition. Leur message est clair : protéger la santé des populations et préserver l’avenir des générations futures ne doit pas être négociable.

Le leadership de la RDC dans ces discussions peut aussi renforcer son image de « pays solution », non seulement dans la lutte contre le changement climatique, mais aussi dans le combat mondial contre la pollution plastique.

À Nairobi, le monde négocie un traité. Pour des millions de citoyens, il s’agit surtout de négocier le droit à un avenir sain et vivable.

La RDC doit choisir le camp de l’ambition.

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Vendredi 3 juillet 2026 - 16:20