Par la Rédaction
La République démocratique du Congo demande la suspension de toute nouvelle participation, de tout nouveau déploiement et de toute rotation de contingents rwandais dans les opérations de paix des Nations Unies, jusqu’au retrait vérifié des forces rwandaises du territoire congolais.
Cette position a été réaffirmée mardi 29 septembre 2026 par l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, représentant permanent de la RDC auprès de l’ONU, lors d’une conférence de presse tenue au siège des Nations Unies à New York, à l’issue des consultations ayant suivi la 10 232e séance du Conseil de sécurité consacrée à la situation en RDC.
Selon le diplomate congolais, cette demande s’inscrit dans le contexte des engagements pris par les différentes parties dans le cadre du processus de paix. Kinshasa estime que la même rigueur doit être appliquée à l’ensemble de ces engagements, notamment ceux relatifs à la cessation du soutien au M23 et au retrait des forces rwandaises du territoire congolais, conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité.
Concernant les FDLR, l’ambassadeur a rappelé les mesures prises par le gouvernement congolais dans le cadre du processus de Washington. Il a notamment indiqué que la RDC avait signé, le 30 mai 2026, un protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement des FDLR-FOCA. Ce protocole prévoit le dépôt volontaire des armes dans des sites désignés par les autorités congolaises, en vue du retour des combattants concernés au Rwanda.
Zénon Mukongo Ngay a également rappelé que, le 29 août, trois autres groupes, à savoir le CNRD, le FPP et le RUD, avaient formellement adhéré à la démarche de dépôt volontaire des armes. Ces avancées, a-t-il précisé, ont été portées à la connaissance du Conseil de sécurité des Nations Unies.
La RDC prépare par ailleurs une opération de neutralisation des FDLR dans la zone NAI-1. Kinshasa sollicite à cet effet l’appui du Conseil de sécurité et de la MONUSCO afin d’accompagner et de vérifier ce processus. L’ambassadeur a également estimé que les incidents susceptibles d’en compromettre l’exécution doivent être examinés rapidement par les mécanismes compétents.
Sur le plan intérieur, le représentant permanent de la RDC auprès de l’ONU a indiqué que le président de la République avait annoncé la tenue d’un dialogue national. Il a précisé que la préparation de ce dialogue était déjà engagée, sans fournir davantage de détails sur son organisation lors de cette intervention.
Revenant sur la participation des contingents rwandais aux opérations de paix des Nations Unies, Zénon Mukongo Ngay a estimé qu’une nouvelle participation, un nouveau déploiement ou une rotation ne devrait pas intervenir dans la situation actuelle.
Pour la RDC, un État dont les forces sont mises en cause dans le conflit ne peut, dans le même temps, contribuer à une opération chargée de préserver la paix et la confiance des populations. Kinshasa présente ainsi sa demande comme une question de cohérence, de crédibilité et d’exigence éthique pour les opérations de paix de l’ONU.
Enfin, l’ambassadeur a insisté sur le caractère, selon lui, précis et vérifiable de la demande congolaise. Il a rappelé que la résolution 2773 exige la cessation du soutien au M23 et le retrait des forces rwandaises du territoire congolais. La RDC demande donc que ces obligations soient appliquées et que le retrait soit constaté avant toute nouvelle participation du contingent rwandais aux opérations de paix des Nations Unies.