Par Serge Mavungu
Initiée par le président de la République sous l’impulsion du ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, l’approche par village a fait l’objet d’une instruction du Secrétaire général à la Santé au Programme national de communication pour la promotion de la santé (PNCPS), en sa qualité de bras technique, afin de la rendre opérationnelle et effective. Cette démarche vise à engager, autonomiser, responsabiliser et actionner le village comme unité de base de la riposte contre la maladie à virus Ebola (MVE), à travers des interventions multisectorielles intégrées.
C’est dans ce cadre qu’une délégation du niveau national, conduite par le directeur du PNCPS et coordonnateur national de la Task Force multisectorielle de communication, Raoul Kamanda Mangamfu, a effectué une mission d’évaluation et d’appui à la riposte contre la MVE dans la province du Haut-Uélé.
Après deux jours de présence sur le terrain à Isiro, la délégation a notamment relevé les difficultés liées à la circulation de fausses informations autour de la maladie à virus Ebola et leur impact sur l’adhésion des communautés aux mesures de riposte.
La mission, mandatée par le Secrétariat général à la Santé avec l’appui de l’Institut national de santé publique (INSP), a ainsi mis l’accent sur la nécessité de rapprocher davantage la réponse des communautés, à travers une approche multisectorielle fondée sur le principe « Une seule santé » (One Health).
Lors des échanges avec les autorités provinciales, l’accent a particulièrement été mis sur l’approche par village. Celle-ci repose sur la mobilisation de la Cellule d’animation communautaire (CAC), sous la supervision du chef de village, avec l’implication des relais communautaires, des acteurs de la santé animale, des volontaires de la Croix-Rouge, des enseignants, des responsables religieux, des chefs de clan, des notables et d’autres acteurs locaux.
L’objectif est de permettre aux communautés de mieux comprendre les mesures de prévention, l’intérêt du dépistage, les conditions d’isolement et de référencement vers les centres de traitement Ebola (CTE), mais également de favoriser les enterrements dignes et sécurisés.
« La maladie commence au village, c’est au village qu’il faut l’éteindre », a martelé Raoul Kamanda Mangamfu, insistant sur la nécessité de faire du village le premier niveau de mobilisation contre la propagation du virus.
L’appel national a trouvé un écho favorable auprès des autorités provinciales présentes à la rencontre. Les ministres provinciaux et autres responsables politico-administratifs ont manifesté leur volonté de s’approprier cette démarche et de contribuer à son déploiement dans leurs territoires respectifs.
Cet engagement doit notamment se traduire par une implication directe des autorités dans la sensibilisation des populations et dans les efforts visant à restaurer la confiance entre les communautés et les équipes de riposte.
La délégation nationale comptait notamment dans ses rangs le Dr Mola, chef de division intérimaire de la Division provinciale de la Santé (DPS) du Haut-Uélé, le médecin-chef de zone a.i. d’Isiro et le coordonnateur provincial de la Santé, Dr Fabrice Kadima, aux côtés des partenaires de la riposte, dont l’OMS, l’UNICEF, Africa CDC et l’OIM.
Intervenant au nom des partenaires, le coordonnateur provincial de l’OMS, Dr Mamadou Kourouma, a également confirmé plusieurs constats établis sur le terrain et rappelé que les zones de santé de Wamba et de Pawa demeurent au cœur de la riposte dans la province.
Pour les responsables de la riposte, l’appropriation de l’approche par village par les autorités locales doit permettre de renforcer la participation communautaire et de contribuer à rompre la chaîne de transmission de la maladie à virus Ebola au plus près des populations.