Procès Chebeya : la partie civile et le ministère public exigent la comparution de l'ex chef de l'État Joseph Kabila

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L'ex chef de l'État, Joseph Kabila Kabange
L'ex chef de l'État, Joseph Kabila Kabange

Par Gabin K.

Ancien Président de la République, Joseph Kabila Kabange a été cité à comparaître en qualité de renseignant dans le procès sur le double meurtre de Floribert Chebeya, activiste des Droits de l'homme, et son chauffeur, Fidèle Bazana, tués en 2010 dans des circonstances non encore élucidées. A ce stade, la comparution de Kabila n'est qu'un vœu de la partie civile, soutenue par le ministère public, qui a formulé clairement la demande auprès de la Haute Cour Militaire.

Outre l'ancien Chef de l'Etat, les généraux John Numbi et Ponde, respectivement Commissaire général de la Police au moment du meurtre, et ancien auditeur général des FARDC, sont aussi concernés par cette requête, introduite au cours de l'audience du mercredi 12 janvier 2022, initialement consacrée à la séance des plaidoiries.

"Le prolégomène que nous avons exposé devant la Haute cour militaire consistaient à démontrer l'obéissance totalitaire des agents de l'État à des ordres manifestement illégaux surtout lorsque ces ordres violent les droits humains. Pour cimenter notre prolégomène, nous avons démontré devant la Haute cour les fléaux de la déification de la fonction présidentielle en RDC surtout sous le régime totalitaire de Joseph Kabila", a déclaré, dans des propos rapportés par Actualite.cd, Me Richard Bondo, coordonnateur du Collectif des avocats de Chebeya. 

Et d'informer: "Nous avons demandé un avant dire droit afin d'auditionner toutes les personnalités publiques citées par Mwilambwe: l'ancien Président de la République, les Généraux, les Colonels, les responsables de l'ANR et même le général Ponde,  ancien Auditeur Général des FARDC. Tout ce monde doit être entendu pour savoir ce qui s'est réellement passé. Nous sommes à la recherche de la vérité. Quand on ne sait pas où se trouve le corps de Bazana, ça nous dérange. Et nous cherchons à savoir  qu'est-ce qui a fondé la planification du double assassinat".

De son côté, le ministère public, qui s'est dit favorable à cette requête de la partie civile, a estimé nécessaire la comparution de ces personnalités pour un "procès équitable" et pour élucider "certaines zones d'ombre". L'officier du ministère public a soutenu la requête en avançant: "Les plaidoiries des parties civiles n’ayant pas eu lieu, ça sera difficile au ministère public de rendre son réquisitoire. L'article 74 est clair à ce sujet. Puisqu'il s'agit d'une demande des parties civiles pour des cas qui n'ont pas été suffisamment exploités par la Haute cour et dans le besoin d'un procès équitable, il serait souhaitable, Monsieur le président, et ce, dans l'obligation de la Haute cour, de pouvoir recevoir ces prolégomènes et de répondre à cette demande et que nous puissions faire le réquisitoire. L'avis du ministère public est favorable, en ce sens que certaines zones d'ombre doivent être élucidées".

En réaction, la Haute Cour militaire a levé l'option de renvoyer l'affaire au 19 février prochain, afin de pouvoir répondre à la requête formulée par la partie civile, appuyée par le ministère public.