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Affaire Metalkol : Chengtun Congo Ressources met en demeure le média Africa Intelligence et menace de poursuites judiciaires

jeu 22/10/2026 - 20:15
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Me Guy Mafuta Kabongo, avocat conseil de l'entreprise Chengtun Congo Ressources (CCR)
Me Guy Mafuta Kabongo, avocat conseil de l'entreprise Chengtun Congo Ressources (CCR)

Par Patrick Kitoko

Chengtun Congo Resources (CCR) conteste les accusations publiées par Africa Intelligence concernant ses activités minières dans le Lualaba. Lors d'une conférence de presse tenue, ce jeudi 22 octobre 2026, son avocat-conseil, Me Guy Mafuta Kabongo, a exigé des excuses publiques, la publication intégrale d'un droit de réponse sous 48 heures et la production des preuves étayant les allégations contestées.

La société minière Chengtun Congo Resources (CCR), filiale du groupe chinois Chengtun Mining Group, monte au créneau contre le média Africa Intelligence. En cause, un article intitulé « Face au pillage de masse, Félix Tshisekedi dépêche une mission sur le site d'ERG à Metalkol », qui évoque notamment une mission du Conseil national de sécurité sur ce site minier du Lualaba.

Lors d'une conférence de presse animée ce jeudi 22 octobre, l'avocat-conseil de CCR, Me Guy Mafuta Kabongo, a dénoncé des accusations que l'entreprise qualifie de « tissu de mensonges ». La société reproche également au média de ne pas l'avoir contactée avant la publication pour recueillir sa version des faits.

Dans son droit de réponse, CCR exige la publication intégrale de sa réaction dans un délai de 48 heures, des excuses publiques ainsi que la communication des éléments de preuve soutenant les accusations. À défaut d'une réponse jugée satisfaisante, elle menace de saisir les juridictions compétentes.

Sur la mission attribuée au Conseil national de sécurité, l'entreprise affirme que Wu Yicong, présenté dans l'article comme une personnalité visée par cette opération, occupe les fonctions de CEO Afrique du groupe Chengtun Mining Group et non celles de directeur général de CCR. Elle soutient également que celui-ci ne se trouvait pas en RDC au moment des faits évoqués et demande à Africa Intelligence de produire les documents officiels justifiant ses affirmations.

CCR rejette par ailleurs les allégations relatives à un prétendu système illégal d'achat de minerais. Elle assure soumettre ses fournisseurs aux exigences légales, notamment en matière de documents administratifs, de paiement des taxes et impôts et de traçabilité des minerais.

Photo d'illustration
Vues aériennes des installations de l'entreprise CCR dans la province du Lualaba

L'entreprise nie également tout lien commercial ou financier avec la coopérative Hosanna, tout lien substantiel entre Wu Yicong et Luilu Ressources, ainsi que les accusations de financement impliquant la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saini. Elle conteste en outre les informations faisant état de coups de feu présumés, affirmant que ses agents de sécurité ne portent pas d'armes à feu et qu'elle ne recourt pas à des militaires pour protéger ses installations.

Des dividendes au financement présumé du clan Kabila

L'autre volet de la contestation concerne les allégations selon lesquelles des dividendes auraient servi à financer le clan Kabila. Pour les réfuter, CCR retrace l'évolution de la structure de détention de Kalongwe Mining. Selon la société, une filiale détenue à 100 % par Chengtun Mining Group a acquis, en mars 2020, la totalité de Nzuri Copper Limited, qui détenait indirectement Kalongwe Mining. À cette époque, GICC conservait une participation de 10 % dans Kalongwe, rachetée par Chengtun en avril 2021.

CCR affirme que Kalongwe Mining n'a commencé sa production qu'en 2023 et qu'elle ne pouvait donc pas générer de revenus d'exploitation avant cette date. Elle soutient que d'éventuels dividendes n'auraient pu être versés qu'à partir de 2024, après la fin de ses relations commerciales avec GICC.

À travers cette réponse, l'entreprise entend réfuter les accusations la mettant en cause et demande au média d'en apporter les preuves.

À ce stade, les éléments présentés constituent la version de Chengtun Congo Resources. Les accusations contestées, tout comme les démentis de l'entreprise, nécessitent d'être appréciés à la lumière des documents disponibles et des éventuelles réponses d'Africa Intelligence.

Le délai de 48 heures fixé par CCR ouvre ainsi une nouvelle étape dans ce différend médiatique, l'entreprise se réservant le droit de porter l'affaire devant les cours et tribunaux compétents si ses exigences ne sont pas satisfaites.

Jeudi 22 octobre 2026 - 20:15