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RDC : RSF alerte sur les restrictions imposées aux médias après la mise en garde du CSAC contre la couverture du FRN

jeu 22/10/2026 - 17:41
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Pierre Haski, Président de RSF
Pierre Haski, Président de RSF

Par Gloire Balolage

Reporters sans frontières (RSF) tire la sonnette d'alarme sur les conséquences de la nouvelle recommandation du Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (CSAC), qui met en garde les médias congolais contre certaines prises de parole et la diffusion de contenus liés au Front de résistance nationale (FRN) et aux groupes armés qui lui sont associés.

L'organisation de défense de la liberté de la presse estime que cette mesure risque de restreindre de manière disproportionnée le travail des journalistes en République démocratique du Congo.

Dans une réaction publiée sur son compte X ce jeudi 22 octobre, RSF dénonce une décision dont les termes seraient, selon elle, dangereusement vagues. L'organisation s'inquiète notamment des sanctions annoncées contre les médias qui accorderaient la parole aux dirigeants, porte-parole, représentants ou membres du FRN, ou qui diffuseraient certains contenus associés aux groupes armés.

Cette prise de position intervient après la recommandation adoptée lors de l'Assemblée plénière du CSAC du 15 octobre 2026 et signée à Kinshasa le 19 octobre. Le document demande aux responsables des médias audiovisuels, aux journalistes, aux animateurs, aux chroniqueurs ainsi qu'aux créateurs de contenus numériques de s'abstenir de plusieurs pratiques liées à la visibilité médiatique du FRN et des structures armées qui lui sont liées.

Le régulateur appelle également les professionnels des médias à éviter la diffusion de déclarations, de communiqués, de reportages ou d'autres productions susceptibles de promouvoir les actions des mouvements armés, de justifier leurs violences ou de favoriser le recrutement et leur soutien politique, matériel ou moral. Il met en garde contre tout manquement dûment constaté, qui pourrait exposer son auteur aux sanctions prévues par les textes légaux et réglementaires en vigueur.

Face à cette orientation, RSF considère que les formulations employées dans la recommandation soulèvent des préoccupations quant à leur portée et à leur interprétation. L'organisation redoute que le caractère imprécis de certains termes ne conduise à limiter la marge de manœuvre des journalistes dans l'exercice de leur métier, notamment lorsqu'ils couvrent les événements liés au conflit armé dans l'est de la RDC.

Pour RSF, les médias doivent pouvoir continuer à informer le public sur la situation sécuritaire, les acteurs impliqués dans le conflit et ses conséquences sur les populations. L'organisation appelle ainsi le CSAC à garantir le droit des journalistes de traiter ces questions, sans que la couverture journalistique soit assimilée à une promotion des groupes armés ou à une justification de leurs actes.

Cette controverse remet au premier plan la question de l'équilibre entre les responsabilités des médias dans un contexte de conflit et la protection de la liberté de la presse. Si la lutte contre la propagande armée constitue un enjeu majeur, les restrictions imposées aux professionnels de l'information soulèvent des interrogations lorsqu'elles risquent de compromettre la couverture indépendante des événements.

Jeudi 22 octobre 2026 - 17:41