Par Edmond Izuba, envoyé spécial
Le divorce entre Katumbi et l'Union sacrée est à renvoyer aux calendes grecques. Rien n'a auguré une séparation imminente, la réponse de Katumbi, à la question d'un jeune étudiant, soucieux de faire la lumière sur l'état des relations entre le Chairman et le Chef de l'Etat, ayant été d'une clarté et d'une précision qui n'appellent à aucun schéma pour sa compréhension.
Droit au but, le président d'Ensemble pour la République a rappelé qu'il a intégré l'Union sacrée de la nation sur demande personnelle du Chef de l’Etat Félix Tshisekedi, soucieux de développer le pays. Lequel souci est aussi partagé par le Chairman qui a, ainsi, accepté de prendre part aux consultations ayant abouti à la création de cette plateforme politique qui marque un nouveau départ de l'ère Fatshi.
«Je suis à l’Union sacrée pour aider le pays à se développer. Je ne suis pas là pour négocier des postes», a souligné, avec force, Katumbi, non sans prévenir: «Nous n’allons pas cautionner des bêtises». Un avertissement qui rappelle combien, comment et pourquoi l'ancien gouv' de l'ex-Katanga a toujours pris position en faveur du peuple, défendant bec et ongle les intérêts de ce dernier.
Pas donc de complaisance de la part de Katumbi quand il s'est agi de brosser la situation socio-économique de la population. D'un ton ferme, teinté d'un certain remords, il a décrié la misère dans laquelle est plongée la population congolaise en général et celle de la Tshopo en particulier. Etat des infrastructures routières, celui des installations sportives, etc., rien n'a plu au président national d'Ensemble pour la République qui, dans sa légendaire générosité, a levé l'option d'initier de grands chantiers bénéfiques à Kisangani et à toute la Tshopo.
La RAM (Ndlr : Registre des Appareils mobiles) n'a pas laissé indifférent Katumbi qui accuse cette "taxe" d'alimenter la pauvreté de la population.
En bon thérapeute, Moïse Katumbi ne s'est pas contenté de faire son diagnostic. Il a aussi fait des recommandations, à titre de cure, dans le seul but de parvenir à l'amélioration des conditions de vie des populations congolaises.
Une fois cette étape franchie, l'heure avait sonné pour le lancement d'Ensemble pour la République sur les terres Boyomaises. Un événement unique et historique, parsemé d'intenses manifestations de joie dans le chef de ces millions des Boyomais à qui Katumbi n'a pas manqué de dire "grand merci" pour l'accueil triomphal.
Temps forts
Dans son speech devant une foule immense entassée à la place de la Poste à Kisangani, Moïse Katumbi ne cache pas sa joie. «Vous me laissez avec une dette morale», lance-t-il.
Borsalino sur sa tête reflétant les mêmes couleurs que sa tenue blanche, signale à la population de Kisangani qu’il est justement venu solliciter leur bénédiction. D’accord à cette demande, la population boyamaise se livre totalement à Katumbi en criant « cette fois-ci c’est Moîse ! »
Poursuivant son discours dans un élan d’un dialogue vertical, il propose la réhabilitation des infrastructures sportives tout en pointant en priorité le Stade Patrice Lumumba, héros national, et la relance du football professionnel dans cette province. Il a profité de l’occasion pour présenter à l’assistance le personne qui chapeautera ce projet qui n’est autre qu’un digne joueur de ce coin du pays, ancien du Tout Puissant Mazembe, Jean Kasusula Kidicho que la population a ovationné.
Un autre projet est celui de la réhabilitation de 17 km de route. Touché par la détérioration de la route qui mène vers l’aéroport, Katumbi promet de mettre la main dans la patte afin de pallier cette difficulté. Il en est de même pour les infrastructures aéroportuaires de l’aéroport de Bangboka.
Katumbi parmi les ennemis de RAM
Le leader d’Ensemble pour la République rejoint les congolais qui protestent contre la taxe Ram. Moïse Katumbi qui regrette les effets induits de la pandémie de COVID-19 sur l’économie congolaise et les mines, dit ne pas comprendre comment on pouvait encore imposer à son peuple une taxe qui contribue à sa misère.
« Quand j’ai atterri je voulais appeler ma femme au téléphone, « RAM » a coupé tout mes crédits », dénonce-t-il.
Moïse n’avait plus d’autre choix que de réitérer cette demande de la population quant à la suppression de cette taxe de trop : « je demande au Chef de l’Etat et au Premier ministre de supprimer cette taxe ».
En outre, Katumbi se plaint du mauvais virage que prend de plus en plus le pouvoir contre la liberté d’expression et de manifestation. Il a condamné les arrestations de quelques jeunes de Kisangani qui manifestaient pour exiger le rétablissement de l’électricité, et surtout de Jacky Ndala enfermé en prison à cause de ses propres opinions.
Atterri à 12 heures, heure de Kisangani, c’est vers 17h que le président du parti Ensemble est monté sur le podium prévu pour la circonstance à la Poste. Cette entrée de Moïse Katumbi dans la ville de Kisangani aura été marquée par la marche improvisée de plus de trois kilomètres. Un bain de foule a pris Katumbi en charge jusqu’au point de chute –lieu du meeting- où une haie d’honneur était érigée. Avant l’entame de son discours, trois minutes de silence étaient observées en mémoire de ses lieutenants politiques disparus.