Par Gloire Balolage
Des affrontements se sont poursuivis ce samedi 4 janvier 2025, dans le territoire de Masisi, en province du Nord-Kivu, entre les Forces armées congolaises (FARDC) et les terroristes du M23/RDF/AFC. Selon des sources de la société civile locale, le bilan des combats s’est alourdi. Une dizaine de civils auraient été tués, tandis que plusieurs autres blessés, conséquence directe de la violence persistante et des échanges de tirs, qui retentissent depuis la colline de Kahongole, dominant la région de Lushebere et Masisi centre.
Vendredi, les rebelles du M23 ont réussi à prendre le contrôle de Katale, localité située à seulement une dizaine de kilomètres de Masisi centre. À partir de là, ils ont établi une barrière à Kitsule, intensifiant ainsi leurs efforts d'occupation dans la région. Cette avancée militaire a suscité l’alarme chez les responsables politiques et militaires, qui appellent à une réponse immédiate et appropriée de l'État congolais, afin de renforcer la présence des FARDC face à l’avancée des forces rebelles.
Au cours de ces affrontements, les rebelles du M23 ont intensifié leurs assauts, menaçant de prendre davantage de territoires et d’occuper de nouvelles localités. La veille, des rapports indiquent que des tirs nourris se faisaient entendre dans plusieurs axes stratégiques, notamment à Bweremana, où des détonations d'armes lourdes ont été rapportées, 12 civils avaient perdu la vie et que 31 autres avaient été blessés, illustrant ainsi l'ampleur tragique de cette crise humanitaire.
Les incursions des forces rebelles ont eu des conséquences dévastatrices sur les populations locales, entraînant un déplacement massif. À la suite de ces combats, une psychose s’est installée au sein de la population, qui se précipite vers des zones supposées plus sûres. Selon le député provincial Alexis Bahunga, les agglomérations de Lushebere et de Masisi centre se vident de leurs habitants, illustrant l’urgence et la gravité de la situation.
La situation humanitaire dans la zone est décrite comme catastrophique par de nombreux acteurs locaux. Le député Bahunga a exprimé son inquiétude sur l’imminence d’un désastre humanitaire, en appelant le Gouvernement congolais à fournir un soutien logistique urgent aux FARDC et aux combattants "Wazalendo" locaux, qui tentent de repousser les forces d’occupation. Ces derniers se heurtent à une résistance de plus en plus importante, mais se trouvent également sous la menace constante des bombardements.
Telesphore Mitondeke, rapporteur de la société civile à Masisi, a précisé que Katale représentait un verrou stratégique pour les forces loyalistes, servant de dernier rempart avant d’atteindre le chef-lieu du territoire. La communauté locale est en proie à un sentiment d’impuissance, alors que toutes les activités économiques et sociales sont paralysées, plongeant la population dans un état de peur et de désespoir grandissant.
Au-delà des frontières de Katale, la situation à Kahira semble relativement calme pour le moment, mais les tensions restent palpables, surtout à Bweremana, où des bombardements ont été enregistrés. La société civile continue de suivre les évolutions au jour le jour, rapportant la destruction et la souffrance infligées par ces affrontements. Les terroristes du M23 semblent déterminés à s’emparer de nouveaux territoires, tandis que les forces loyalistes, bien qu'elles fassent preuve d'une résistance courageuse, se retrouvent rapidement débordées.