Par la Rédaction
Et si, pour une fois, Joseph Kabila et Félix Tshisekedi mettaient de côté leurs différends, leurs rancunes et leurs égos respectifs ? Et s’ils se parlaient, sans caméras, sans médiateurs, sans calculs politiques, comme deux Congolais préoccupés par l’effondrement de leur propre maison ? Car, pendant que les discours s'enchaînent à Kinshasa et les accusations fusent, l’Est du pays continue de s’embraser. Les populations fuient, les enfants meurent, les villages disparaissent.
Il y a urgence. Et cette urgence dépasse les clivages politiques. Kabila, ancien chef d’État, garderait une influence réelle sur une partie de l’Armée, des élites et du jeu diplomatique régional. Tshisekedi, Président en exercice, détient le levier institutionnel pour agir ici et maintenant. Ensemble, ils représentent deux forces capables de briser l’engrenage mortel dans lequel la RDC s’enfonce depuis des décennies.
Le Rwanda est pointé du doigt. Les rebelles avancent. Mais la solution durable ne viendra ni des discours musclés ni des accords imposés de l’extérieur. Elle passera d’abord par une entente nationale forte, sincère, lucide. Et cette entente commence par un geste de grandeur : que les deux figures emblématiques du pouvoir congolais acceptent de se parler, sans intermédiaires, pour mettre la paix au-dessus des rancunes.
Ce pays a besoin d’un sursaut. Et ce sursaut ne viendra pas des chancelleries étrangères ni des missions temporaires. Il viendra du courage politique, du sens de l’État, et de la capacité à dépasser les querelles, pour sauver une nation en lambeaux.
Tel est, diraient d'aucuns, le voeu ardent de plus d'un Congolais, qui croient dur comme fer que si jamais l'ex- Président de la République et l'actuel chef de l'État osaient se parler en toute franchise, la guerre d'agression rwandaise dont la RDC est victime prendrait fin. Ainsi, Messieurs Kabila et Tshisekedi, l’Histoire vous regarde. Le peuple souffre.